Le CABB, un pilier de solidarité à Boucherville

Derrière ses airs de ville aisée, Boucherville est traversée par de nombreux problèmes sociaux. Si certains demeurent invisibles, les bénévoles du CABB sont en première ligne pour en prendre le pouls et tenter d’y trouver des solutions.

Depuis maintenant 46 ans, le Centre d’action bénévole de Boucherville (CABB) occupe une place centrale dans la vie communautaire de la ville. 

« Notre mission est double. C’est d’offrir des services aux citoyens par l’implication bénévole d’autres citoyens. On s’est donné comme vision d’être le lien entre l’élan d’engagement des gens et le besoin de soutien à Boucherville » précise Sophie Deschamps, directrice des opérations du CABB.

Popote roulante, transport médical, accompagnement des proches aidants, aide aux déclarations de revenus, groupes d’entraide, visites amicales : le CABB agit sur de nombreux fronts. L’organisme se veut à la fois un filet social pour les plus vulnérables et un lieu d’engagement pour ceux qui souhaitent donner de leur temps.

Les besoins sont grandissants à Boucherville, et demander de l’aide n’est jamais chose facile. Qu’il s’agisse de futurs usagers ou de bénévoles potentiels, le CABB lance un appel :

« N’hésitez pas à nous contacter si vous avez un besoin, n’importe lequel. »

Des besoins grandissants

Au fil des années, le CABB a dû s’adapter à l’évolution de la population bouchervilloise : vieillissement, fracture numérique, hausse du coût de la vie, isolement social accru. « Il y a beaucoup de vulnérabilité cachée à Boucherville. Il y a des gens qui souffrent de solitude, des gens qui souffrent de troubles neurocognitifs parce que la population est vieillissante, des gens qui ne sont plus capables de se faire à manger, de se déplacer. » souligne madame Deschamps.

L’organisme constate également de nouveaux besoins. « Dans les dernières années, mais surtout dans les derniers mois, le contexte a changé à Boucherville. Il y a beaucoup d’itinérance, il y a beaucoup de vulnérabilité visible. Il y a des besoins émergents qui nécessitent que l’on se renouvelle et, pour l’instant, je ne sais pas avec quel argent. »

Pour la directrice des opérations, le manque à combler devient de plus en plus grand. « Il n’y a pas d’organisme en itinérance à Boucherville, il n’y a pas d’organisme en logement social. Donc, il va falloir que l’on pallie ces manques. On ne peut pas envoyer tout le monde à Longueuil. »

Financièrement, le CABB, qui dépend à 85 % du gouvernement provincial, parvient à maintenir ses activités actuelles mais souligne ses limites pour l’avenir. « C’est suffisant avec les services que l’on a maintenant, mais si l’on veut offrir d’autres services, ça ne le sera pas. »

Déconstruire les préjugés

Le CABB doit aussi affronter de nombreux préjugés qui tiennent certains usagers à distance : « Les gens ont peur de ce que les autres vont penser s’ils prennent la popote roulante. »

Si la popote roulante, l’un des services phares du CABB, jouit d’une bonne popularité à Boucherville, le service a la capacité d’accueillir davantage de bénéficiaires. « On dessert entre 110 et 130 personnes chaque jour de livraison de popote (le mardi et le jeudi) mais on pourrait en prendre plus. » déclare Sophie Deschamps.

Les repas sont livrés à domicile pour un prix allant de 5 $ à 8 $ le menu. Chaque repas est planifié par une cheffe certifiée et préparé avec de bons produits à l’aide de nombreux bénévoles. L’enjeu reste donc de briser les barrières autour de ce service.

« Ce n’est pas juste pour les personnes âgées qui sont vulnérables économiquement. C’est pour n’importe qui ayant plus de 65 ans ou vivant une difficulté quelconque. Les critères sont très larges pour avoir accès à la popote », insiste madame Deschamps.

Catalyseur de générosité

Au cœur de son fonctionnement se trouvent les bénévoles, sans lesquels rien ne serait possible. Ils sont actuellement 398 à s’investir dans la préparation de repas, le transport, l’accompagnement, l’administration ou encore le soutien relationnel. « C’est une source de satisfaction personnelle. J’ai reçu beaucoup dans la vie et je suis contente de donner » déclare Hélène Francoeur, bénévole depuis huit ans au CABB.

« C’est une belle activité, on rend service au monde et l’on occupe notre temps » ajoute Denis Francoeur, bénévole depuis cinq ans. Le CABB joue ainsi un rôle de catalyseur, reliant les besoins des uns à la générosité des autres. « On est constamment en recherche de bénévoles, tout le monde est le bienvenu » conclut Sophie Deschamps.