Le Centre de yoga Boucherville propose un modèle de fonctionnement unique
Entièrement porté par des bénévoles, le Centre de yoga Boucherville est devenu, en 35 ans, un lieu phare de bien-être et de vie communautaire.
À Boucherville, derrière les portes du Centre multifonctionnel Francine-Gadbois se trouve un lieu qui n’a rien d’un studio de yoga ordinaire : le Centre de yoga Boucherville.
Fondé en 1989, il est le plus ancien centre de yoga encore en activité sur la Rive-Sud et poursuit une mission singulière : offrir un espace de ressourcement, de bien-être et de transformation humaine, porté non pas par des employés, mais par une communauté engagée de bénévoles.
Ici, pas de direction salariale, ni de gestion commerciale traditionnelle. À la tête du Centre, on retrouve un conseil d’administration composé uniquement de bénévoles s’impliquant autant dans les décisions stratégiques que dans les tâches quotidiennes.
« Personne n’est rémunéré pour la gestion et pourtant, on fait tout, résume Deborah Ward, présidente du conseil d’administration. On fait les newsletters, on crée les publications, on embauche les professeurs, on monte les ateliers, on monte les cours, on fait tout bénévolement. »
Un modèle unique
Ici, le yoga ne se limite pas aux postures ou aux séances en studio, il se vit aussi dans la manière d’agir, de travailler ensemble, de prendre soin les uns des autres.
« On n’est pas juste un centre où l’on vient faire du yoga, de la respiration ou de la méditation, mais on est une communauté », se félicite Mme Ward, qui souligne que les valeurs du yoga enseignées au Centre sont mobilisables dans la vie quotidienne. « Le Centre a été fondé avec l’intention d’amener les enseignements du yoga sur le tapis, mais également dans la vie de tous les jours. »
Au fil des années, les membres du conseil ont acquis une solide expérience de gouvernance et appris à faire fonctionner une organisation comme une petite entreprise – budget, administration, programmation -, tout en préservant l’esprit communautaire qui en fait l’âme.
« Dans le yoga, il y a ce que l’on appelle le seva, ça veut dire le service. C’est ancré au cœur des valeurs du yoga et c’est à la base de ce que l’on fait, précise Deborah Ward. On offrirait nos cours gratuitement si l’on en était capables, mais on a des professeurs à payer. »
Un virage stratégique
Depuis 2023, le Centre de yoga Boucherville a entrepris un tournant important. L’objectif est de dépasser le cadre d’un simple studio de yoga pour devenir une référence régionale en matière de santé globale et de croissance humaine.
Ce changement se traduit par une programmation enrichie, des ateliers élargis et un ancrage local renforcé. « On fait également des partenariats avec d’autres organismes OBNL de Boucherville tels que le Centre des aînés et l’Escale familiale, souligne Deborah Ward. Tout ça dans l’esprit de communauté. On veut s’entraider et bien desservir des créneaux de population qui ont un besoin auquel les organismes ne peuvent subvenir. »
Un fonctionnement exigeant
Ce modèle ne va pas sans défis. Sans employés permanents, l’organisme doit composer avec les disponibilités de chacun, la fatigue, la gestion du temps et l’équilibre entre engagement citoyen et vie professionnelle.
« On fait face aux mêmes défis que toute entreprise, mais nous, on est bénévoles », ironise Mme Ward.
La localisation du Centre, au cœur du Centre multifonctionnel Francine-Gadbois, constitue également un enjeu de taille. « Le grand défi pour nous, c’est de nous faire connaître. Nous n’avons pas pignon sur rue, nous ne sommes pas visibles de l’extérieur. La visibilité est un grand défi. »
Mais cette réalité soude aussi l’équipe. « On est tous des bénévoles et on y met facilement une vingtaine d’heures par semaine parce que l’on y croit, ajoute Deborah Ward. Il n’y a pas de clients chez nous, ce sont des membres. Ça fait référence à la communauté. »
La solidarité, la résolution collective de problèmes et la fierté d’avoir bâti quelque chose qui dure constituent une profonde source de motivation. Et si le Centre est encore là après 35 ans, c’est grâce à la force de sa communauté et à la fidélité de ses membres.
