Les Ponts de l’entraide régalent les HLM
Le projet Ponts de l’entraide a frappé aux portes des HLM de Boucherville pour offrir un peu de réconfort aux locataires. Il a distribué les 150 plats cuisinés offerts par le chef des résidences Caléo.
C’est le moment que les locataires d’habitations à loyer modique (HLM) redoutent et qu’ils attendent en même temps à Boucherville. La crainte est d’affronter la solitude au moment des Fêtes, et le réconfort, celui de voir chaque année les bénévoles du projet Ponts de l’entraide frapper à leur porte avec un repas cuisiné par le chef Norbert, de la Fondation Luc Maurice, du Groupe Maurice. « Cette année, au menu, c’est dinde et tourtière, avec légumes et sauce. En dessert, c’est une bûche de Noël vanille ou chocolat », annonce le chef de Caléo en livrant les 125 repas à Annie Lussier, coordonnatrice de la démarche, et Sophie Deschamps, directrice générale du Centre d’action bénévole de Boucherville (CABB).
Action collective
Le 11 décembre, le rendez-vous est donné à la maison pour aînés Caléo, un établissement du Groupe Maurice à Boucherville. Depuis trois ans, le rituel est le même, celui de récupérer des plats cuisinés par le chef de l’établissement et leurs locataires au profit des résidents de HLM de la ville. « À Boucherville, il n’y a que des HLM pour aînés », précise Mme Lussier. L’Office municipal d’habitation de Longueuil fait aussi partie de l’organisation de la journée, tout comme les policières du Réseau d’entraide sociale et organisationnelle (RÉSO), et cela depuis le début du projet. « On est là depuis le début. On est bien implantés à Boucherville. Il y a une très belle collaboration avec les organismes communautaires, ici », d’indiquer Amélie Tapp, qui, avec l’uniforme du Service de police de Longueuil, s’apprête, avec sa collègue, à participer à l’opération.
Dans un cortège sécurisé, le groupe de bénévoles suit l’autopatrouille qui transporte une partie des repas. La distribution peut commencer.
Isolement
En arrivant sur le palier de la première résidence, un ascenseur, assez large pour accueillir les personnes à mobilité réduite, permet aux bénévoles de monter les plats aux deux étages du bâtiment. « On commence à frapper aux portes dans le fond du couloir et vous, au début. On se retrouve au milieu! » C’est parti! pour l’équipe de bénévole qui se divise en deux groupes.
« Bonjour, comment allez-vous? Voici un repas de Noël, offert par la Fondation Luc Maurice, préparé par le chef de la Maison Caléo. Je vous souhaite de passer de bonnes Fêtes. » Avec un grand sourire de satisfaction, les bénévoles enchaînent les portes, n’hésitant pas à passer un peu plus de temps avec des résidents qui veulent prolonger la rencontre. « Est-ce que je vous laisse un repas pour une ou deux personnes? » La question est posée invariablement et la réponse, quasiment tout aussi systématique : « Un seul repas. »
Quelques larmes, des instants où le réconfort de mots bienveillants devient nécessaires, mais surtout de larges sourires de voir du monde. Tous les plats sont accueillis avec plaisir, et la bonne humeur met de la vie dans les couloirs. Les résidents, avertis de la visite, sont au rendez-vous pour la plupart. Les repas qui n’auront pas été distribués seront apportés au Comité d’entraide de Boucherville. Ils seront congelés et distribués aux personnes dans le besoin.
Aide alimentaire
Dans une pièce de l’un des HLM, une salle communautaire abrite des frigos de l’organisme Moisson Rive-Sud. Ils sont alimentés une fois par semaine. « Ponts de l’entraide a instauré un projet qui s’appelle les »Frigos de l’entraide ». Les mardis, Moisson Rive-Sud apporte de la nourriture à la Maison des jeunes et nous allons chercher le surplus pour l’apporter ici. Nous avons trois bénévoles de la résidence qui s’occupent de mettre sur la table tous les articles à donner, que les résidents viennent chercher. Parfois, on peut avoir du shampoing, du savon, mais majoritairement, c’est de la nourriture », de nous indiquer Mme Lussier. Cette dernière quittera son poste à la fin de l’année pour demeurer plus près de ses proches, en Estrie. « Sophie va superviser cette activité à partir de janvier, dit-elle avec un large sourire, pour cacher son émotion. »
Un projet à financer
Depuis 2013, le projet Ponts de l’entraide tisse des liens entre les organismes, les institutions et les personnes en situation de vulnérabilité à Boucherville, en misant sur l’effet à long terme de l’intervention de milieu. Mandataire depuis 2021, le Carrefour jeunesse emploi (CJE) en assure la gestion et la coordination, en collaboration avec la Ville de Boucherville et les organisations communautaires. En janvier, le CJE confiera la gestion de cette mission au CABB, qui connaît déjà l’enjeu financier de la situation.
« Ce projet, qui vient créer beaucoup de bonheur, est en recherche constante de financement. La Ville nous aide beaucoup, mais là, on attend des sommes qui doivent descendre du gouvernement.
On devait recevoir ces sommes en 2024, on ne les a pas reçues. Cela devait être en mars et, finalement, cela sera sûrement entre les mois de juin et septembre de l’année prochaine. Pour l’instant, nous arrivons à nous débrouiller, mais on s’inquiète pour les finances.
Tous les organismes de Boucherville participent et aident selon leurs moyens, comme le CABB, mais c’est difficile, car Ponts de l’entraide n’est pas un organisme, c’est un projet commun.
Donc, c’est un peu compliqué à faire financer. En janvier, le CABB reprendra le mandat. C’est un projet extrêmement important et on se bat pour qu’il continue. On a besoin de 80 000 $ par année pour faire fonctionner ce projet. Cela ne permettrait pas de couvrir toutes les dépenses, mais cela nous permettrait de continuer.
Ici, le financement, c’est un véritable enjeu! » alerte Mme Deschamps, prête à prendre la relève.
