L’Escale familiale au cœur de la petite enfance à Boucherville

À l’occasion de la Grande semaine des tout-petits, l’Escale familiale dresse un portrait poignant de la situation des familles à Boucherville.

Du 17 au 23 novembre, la Grande semaine des tout-petits (GSTP) mettra à l’honneur les jeunes enfants et ceux qui les accompagnent au quotidien. À Boucherville, cette mobilisation passe notamment par le travail de proximité mené par l’Escale familiale, un organisme communautaire qui joue un rôle essentiel auprès des familles.

« On vient en soutien aux familles de Boucherville afin de les aider dans leur rôle parental » précise Sylvie Lamy, directrice générale de l’Escale familiale. « On intervient principalement auprès des familles qui ont des enfants âgés entre 0 et 12 ans. »

Croissance marquante

Le plus récent rapport de l’organisme témoigne d’une dynamique en pleine évolution, la plupart des services proposés ayant connu une grande augmentation. C’est le cas de la halte-garderie, qui a vu le nombre d’enfants accueillis passer de 39 à 66 en 2025. Soit une hausse de 69 % malgré une diminution de près de 10 % du nombre de ses jours d’ouverture.

« Les familles sont à bout de souffle, elles ont besoin de soutien » lance Mme Lamy.

« Cet endroit-là a vraiment changé ma façon de voir les milieux de garde » confie Maude Désormeaux, membre de l’Escale familiale. « Ça m’a apporté un endroit où je peux laisser mes enfants en toute tranquillité d’esprit. »

Cette fréquentation illustre la confiance des familles envers l’organisme, mais également les besoins criants de soutien des parents. En 2025, 63 familles ont bénéficié du soutien d’une intervenante de proximité, tandis que 13 ont reçu des services de relevailles. 

Derrière ces chiffres se cachent des réalités souvent complexes : santé mentale, isolement, précarité financière et épuisement parental sont les quatre enjeux les plus fréquemment observés. L’Escale organise à ce titre des matinées-rencontres, où les parents peuvent échanger sur leurs expériences.

« En tant que mère, en tant que femme, ça m’a apporté une place où je peux tout dire sans jamais être jugée, souligne Mme Désormeaux. L’écoute est vraie, les gens sont humains. Être maman, c’est du 300 % de charge mentale. Avoir à élever tes enfants, vouloir leur donner le meilleur quand toi, tu deviens saturée, c’est compliqué. »

Des défis persistants

Comme plusieurs organismes communautaires, l’Escale familiale doit composer avec des défis de financement, d’espace et de ressources humaines. 

« Nous sommes financés par le ministère de la Famille et les subventions ne sont pas à la hauteur de la hausse des coûts, des salaires et des besoins » regrette la directrice générale, qui a peu d’espoir de voir la situation s’améliorer.

« On s’est fait dire que les montants allaient rester les mêmes pour les trois prochaines années. »

En 2024-2025, les revenus totaux de l’organisme s’élevaient à 403 934 $ pour des dépenses annuelles tournant autour de 405 548 $. À la fin de l’année, l’organisme est ainsi en déficit face à des besoins qui, eux, augmentent. 

« Si l’on n’a pas des finances à la hauteur des besoins, c’est sûr et certain que l’on ne peut pas étendre notre filet social comme on le voudrait », lance Sylvie Lamy. Pourtant, pour de nombreuses familles, les services proposés sont essentiels.

« Depuis que je connais cet endroit, depuis que je le fréquente avec mes enfants, on a une nouvelle famille. Personnellement, je me sens plus stable, plus forte. Je suis en paix, je suis sereine. L’Escale fait vraiment une différence dans le parcours des parents, des mamans, des papas, des familles entières. »

Malgré ces problèmes, l’organisme, qui œuvre depuis 1979 à Boucherville, entend poursuivre sur sa lancée, en consolidant ses services, et se cherche actuellement un nouveau local.

« Notre plus grand défi, en ce moment, c’est un défi d’espace. L’équipe est passée de trois à neuf personnes pour répondre à la demande et ça nous prend des locaux plus grands. La maison de la famille se cherche une maison. »