À la frontière du chaos, une résidence artistique de Florent Duchesne
Jusqu’au 14 novembre, l’artiste Florent Duchesne est en résidence au Café Centre d’art pour présenter au public son projet intitulé À la frontière du chaos.
L’art de Florent Duchesne se situe dans un entre-deux. Que ce soit dans sa démarche, dans ses matériaux ou dans ses productions finales, cet artiste originaire de Longueuil nous confronte à l’élégance des matériaux bruts, dans une sorte de poésie industrielle.
Funambule sur la fine ligne séparant le contrôle du chaos, il avance que ses créations oscillent entre l’intuitif et le calculé. En prise avec les milieux underground du skate et des raves techno, Florent Duchesne nous plonge dans un univers à la fois visuel et sonore, où la beauté se révèle dans sa forme la plus brutale, presque violente.
Que ce soit pour échanger avec lui ou découvrir ses œuvres, les portes de sa résidence artistique au Café Centre d’art sont ouvertes au public jusqu’au 14 novembre.
Entretien avec l’artiste.
Comment décririez-vous votre démarche artistique?
Florent – Je la décrirais en plusieurs formes. Je travaille mon art dans deux univers. Le premier, c’est l’univers du skate, avec l’esprit punk, rock. Je fais du skate depuis longtemps et c’est un univers que j’aime beaucoup. Et l’autre côté de ma démarche, c’est les raves techno et la musique industrielle montréalaise. J’utilise comme matériau le béton. Je trouve que c’est vraiment le bon mix de mes deux univers : le côté brut du skate – on roule sur du béton, on tombe souvent, c’est violent – et le côté industriel. Donc, je mélange ces deux univers et je transmets toutes mes émotions à travers la sculpture.
Votre projet s’intitule À la frontière du chaos. Que représente cette frontière?
Florent – J’aime parler de la frontière comme d’un moment que je peux contrôler ou pas. C’est pour ça que ça renvoie au chaos. Des fois, ça tombe dans le chaos, car quand je crée mes sculptures, je ne prévois pas tant d’avance : je m’installe, je coule mon béton, je mets mes morceaux de métal… donc, c’est un peu chaotique comme univers. Mais c’est à la frontière du chaos, car je maîtrise quand même tout ce que je fais, il n’y a rien qui est laissé au hasard. C’est un chaos que je contrôle. Rires.
Qu’est-ce qui vous a motivé à venir en résidence ici, au Café Centre d’art de Boucherville?
Florent – J’ai toujours voulu faire une résidence, car je sais que c’est un bon moment de partage pour échanger des idées, voir du monde et changer d’environnement. Donc, j’ai appliqué pour le Centre d’art et j’étais vraiment content qu’ils acceptent. J’aime amener mon univers dans des endroits différents.
Selon vous, comment se porte le milieu des arts visuels au Québec?
Florent – Je suis quand même nouveau dans ce milieu-là. Pour ma part, ça va plutôt bien en ce moment. Je pense que beaucoup de gens manquent de budget, mais moi, j’aime me dire que quand tu te lances là-dedans, t’attends pas après les budgets : tu crées tes projets, tu fais de l’art, et l’important, c’est que des gens le voient.
Où vous voyez-vous dans dix ans?
Florent – Vivre de mon art. Mon but ultime serait de faire des 1 %. Quand il y a une nouvelle bâtisse qui est créée, il y a 1 % du budget qui est accordé à l’art – c’est souvent ça, les grandes sculptures que l’on voit à l’extérieur. Donc, j’aimerais amener mes minisculptures en version grand format, les mettre dehors, les rendre publiques. Parce que mon but ultime, c’est que le plus de gens possible voient de l’art gratuitement. Je vise vraiment le plus loin possible.
Florent Duchesne présentera également sa première exposition solo à la galerie Marcel Morin, dans le Vieux-Montréal, du 1er au 30 novembre 2025.
