Clap de fin pour la pièce de théâtre Génératrice à l’école De Mortagne
La pièce Génératrice a fait voyager Boucherville dans le futur en plongeant le public dans un Québec dystopique le temps d’un week-end.
Clap de fin pour la pièce Génératrice, qui, après des mois de répétitions et de mise en scène, a fait vivre au public bouchervillois, le temps d’une fin de semaine, l’expérience d’un futur dystopique où, pour subsister, les jeunes et les aînés doivent apprendre à vivre en colocation.
Immersion en dystopie
Sur la scène de l’auditorium de l’école secondaire De Mortagne, le décor est épuré, un grand écran se dresse face au public. L’ambiance est orwellienne. Nous sommes en 2037, dans un Québec frappé par une crise éconoénergétique majeure.
Les rivières se sont asséchées, l’énergie se fait rare et les logements sont devenus inaccessibles. Dans ce contexte difficile, plusieurs générations se retrouvent contraintes de cohabiter sous un même toit et d’apprendre à vivre ensemble, malgré leurs différences.
Dans cet avenir rapproché, pour consommer de l’électricité, il faut la produire. Pédaler sur un vélo, tricoter, chanter… tous les moyens sont bons.
Lorsque vient le moment de regarder leur traditionnel film du vendredi soir, deux choix divisent les colocataires : quel film regarder et comment produire l’énergie? Des fissures générationnelles se creusent, mais au fil du récit, des ponts parviennent à se construire.
Entre crise du logement, questions environnementales, identité collective et solidarité entre générations, la pièce raconte un Québec futuriste, porteur de réflexions contemporaines, et nous invite, par l’humour, à réinterpréter notre quotidien, nos habitudes et nos relations.
Laboratoire social
Fruit d’une collaboration entre le Club FADOQ de Boucherville et les Ateliers Nez Rond, cette pièce, écrite et mise en scène par Philippe Néron, a permis à des comédiens que toute une vie sépare de se réunir sur scène pour collaborer. « On force la colocation entre les personnages et il faut que tout le monde mette la main à la pâte pour créer leur propre énergie, explique Philippe Néron. C’est une dystopie enjouée. »
Ainsi, le récit raconté par la pièce reflète la réalité des coulisses. Les élèves de l’école De Montagne et les aînés de la FADOQ ont dû apprendre à se comprendre et à collaborer, que ce soit, comme dans la pièce, pour produire de l’énergie ou, comme sur scène, pour faire rêver le public.
Une expérience unique, un véritable laboratoire social qui a porté ses fruits et valu aux comédiens une ovation debout dans une salle bien remplie.
Une réussite
C’est la deuxième année que ce projet intergénérationnel a lieu et, du côté des élèves comme des aînés, l’engouement est bien présent. « C’est une expérience unique, déclare Simone Maillet, élève à De Mortagne. Je joue sur scène avec des gens que j’apprécie, ça rassure beaucoup d’avoir des aînés autour de nous qui peuvent nous aider dans notre parcours. »
« C’est exceptionnel, on a des jeunes qui sont vraiment dociles, ils connaissent leurs textes, ils déplacent les décors! », se réjouit Gisèle Guévin, membre du Club FADOQ.
Une réussite tangible qui pourrait mener la troupe vers un troisième spectacle l’année prochaine. Affaire à suivre.
