Conférence en novembre sur les microplastiques, des contaminants omniprésents
Le 19 novembre prochain, Environnement Nature Boucherville invite le public à une conférence gratuite consacrée aux microplastiques, ces contaminants invisibles mais omniprésents dans notre environnement.
La rencontre se tiendra au Café centre d’art, local 114, à 19 h, et sera animée par François Perreault, un spécialiste renommé de la chimie environnementale, de la toxicologie et du traitement de l’eau. Professeur au Département de chimie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), ce chercheur s’intéresse notamment aux effets des contaminants émergents sur la santé humaine et les écosystèmes.
Le public pourra en apprendre davantage sur les risques d’exposition aux microplastiques par l’entremise des produits qui nous entourent et explorer différentes solutions à ce problème d’envergure planétaire.
Entretien avec François Perreault.
Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser aux microplastiques dans vos recherches?
La problématique de la pollution par les plastiques est très actuelle et il n’y a pas de solution simple. C’est un problème d’une grande ampleur et d’une grande complexité qui vaut la peine d’être attaqué.
Pourquoi est-il important, selon vous, de sensibiliser le public à ce problème, aujourd’hui?
Une grande partie de la pollution par les plastiques provient de nos actions et de nos choix. Bien sûr, il y a une échelle politique et scientifique, il faut remplacer les plastiques par des alternatives biodégradables, mais il y a aussi un choix personnel de la part des consommateurs. La plupart de la pollution par le plastique provient des plastiques à usage unique. Donc, il y a des actions à poser individuellement pour essayer de régler le problème.
Comment définissez-vous un microplastique et quelles en sont les principales sources?
Les microplastiques sont globalement définis comme étant n’importe quelle particule de plastique de moins de cinq millimètres. La grande partie de ces microplastiques provient de sources terrestres, mais celles-ci sont très hétérogènes. Il n’y a pas un coupable dûment identifié.
Où en retrouve-t-on le plus souvent dans notre environnement quotidien?
Ça va dépendre de notre alimentation et de nos habitudes de vie. Par exemple, pour les gens qui boivent de l’eau en bouteille plastique, leur exposition sera très importante. Généralement, on en retrouve beaucoup dans la nourriture. Cela peut venir de la contamination de la nourriture ou bien de l’utilisation de contenants ou d’ustensiles en plastique lors de la consommation.
Par exemple, il y a beaucoup d’études qui ont montré que faire passer au micro-ondes des plats en plastique va libérer des microplastiques dans la nourriture.
Les microplastiques représentent-ils un risque réel pour la santé humaine?
Ça, c’est la question, c’est encore dur à évaluer. Le plastique en soi, ce n’est pas un matériau très toxique, mais c’est rempli d’additifs qui, eux, le sont. Les chiffres ne sont pas encore clairs sur le niveau d’exposition et d’accumulation de ces particules-là dans l’organisme, parce qu’elles sont assez difficiles à identifier dans une matrice aussi complexe qu’un tissu ou qu’un fluide biologique. Un autre facteur, c’est que les effets de ces microplastiques sur notre santé sont chroniques, donc à long terme. Selon moi, il y a définitivement un effet, mais mettre un chiffre sur le risque est encore difficile.
Quelles pistes de solutions ou actions concrètes peuvent être mises en place, à l’échelle individuelle et collective?
À l’échelle individuelle, il faut revoir nos choix quotidiens, notamment dans notre alimentation. C’est intéressant de voir les efforts qui sont faits pour réguler et améliorer les processus de traitement des eaux, alors que finalement, on achète tous notre café le matin dans des gobelets en carton plastifié qui libèrent une quantité importante de nanoplastiques. Ce sont des choses comme ça qui sont assez faciles à éliminer : les ustensiles en plastique, les plats en plastique…
Maintenant, le plus dur est lié à la présence invisible de ces plastiques dans notre eau potable, dans notre alimentation, via la chaîne alimentaire. Ça renvoie davantage à des questions de politique. On doit remplacer l’utilisation générale de ces plastiques-là pour trouver des sources plus sécuritaires, moins toxiques ou plus facilement biodégradables.
Voyez-vous des avancées prometteuses dans le traitement des eaux ou dans la réduction à la source du plastique?
Au Canada, il y a beaucoup d’efforts qui sont faits. Il y a tout un programme sur les sciences des plastiques où l’on examine différentes approches pour essayer de régler le problème. Je pense qu’ils font aussi bien que la technologie le permet.
Il y a un besoin d’éducation des citoyens sur ce qui est recyclable ou non, et il faut vraiment l’inculquer dans notre quotidien.
À quoi peut s’attendre le public de votre conférence?
Mon objectif, c’est vraiment de montrer la complexité de la problématique liée à la pollution par le plastique, les efforts et les avancées.
La conférence sera suivie de l’assemblée générale d’Environnement Nature Boucherville.
