Dans l’univers du duo québécois Rau_Ze en concert au Café Cabaret le 30 octobre.
Pochette de la réédition de l'album Virer nos vies. (Photo : source - Rau_Ze) (Photo : source - Rau_Ze)
Rau_Ze est un duo québécois originaire de la Rive-Sud, composé de Rose Perron et Félix Paul. Ils seront en spectacle le 30 octobre prochain au Café Cabaret. Après une tournée remarquée tant au Québec qu’à l’international, le groupe vient de lancer, le 10 octobre dernier, la réédition de son premier album, Re-virer nos vies. Entrevue avec le duo.
Qu’est-ce qui vous a amenés vers la musique et la formation de Rau_Ze?
Félix – On s’est rencontrés au cégep de Saint-Laurent en jazz. C’est là que l’on a créé notre chimie. On a toujours su que l’on voulait former un projet et, finalement, c’est il y a environ quatre ans que l’on a commencé plus sérieusement à composer des chansons en français. Cette semaine, on fête notre septième anniversaire. Il y a sept ans, on a fait notre premier spectacle ensemble dans une maison de pâtes en échange d’une assiette de spaghettis. C’est la première marche que l’on a gravie dans notre aventure musicale.
Rose – On a immédiatement ressenti une chimie musicale. On avait vraiment hâte d’avoir nos propres chansons, mais ça prenait du temps et de l’expérience de vie pour y arriver.
Comment percevez-vous la scène musicale locale actuelle?
Rose – Elle est vraiment remplie d’amis. Elle est remplie de gens qui nous ressemblent, qui ont la même envie de faire de la musique marquante, de la bonne musique. On est tous présents dans la vie les uns des autres pour continuer à faire notre métier.
Félix – On a une communauté dans la musique franco-québécoise qui se tient les coudes assez serrés. On est dans le même bateau et on veut faire rayonner la culture québécoise. Il y a un beau sens de la communauté et de l’appartenance. La compétition ne se fait pas tant dans la musique qu’au niveau de l’accès aux subventions gouvernementales. Cet accès-là n’est pas suffisant si l’on veut avoir une culture qui croit, qui respire, qui est en santé, qui s’exporte et qui est capable de compétitionner avec la culture américaine.
Quels sont, selon vous, les défis auxquels font face les jeunes artistes au Québec aujourd’hui?
Rose – L’accès à la subvention est super difficile. Il faut que tu connaisses des gens ou que tu aies un label. Un autre défi, c’est que l’on a grandi en se disant que faire de la musique et de l’art, ce n’est pas un métier. Donc, il y a une dualité dans comment on se sent.
Félix – Quand tu décides d’être artiste au Québec, tu dois choisir. Soit chanter en français pour toucher un plus large public local, mais un plus petit public global, ou chanter en anglais pour espérer mieux gagner ta vie et obtenir plus de visibilité à l’extérieur du Québec. Mais cela rend plus difficile la conversion en ventes de billets ici. C’est un véritable dilemme pour les artistes québécois bilingues.
Que représente pour vous le fait de jouer dans des villes comme Boucherville, loin des grands centres?
Rose – J’adore Boucherville. Jouer en dehors des grands centres, ça rend la culture accessible. Moi, je viens de la Rive-Sud et durant tout mon secondaire, je n’ai pas vu de spectacle de musique.
Félix – J’ai hâte de voir ça va être quoi, l’ambiance. Jouer à Boucherville a une signification particulière pour moi parce que je suis né là-bas. J’ai passé les trois premières années de ma vie à Boucherville. Je suis content d’aller faire des shows sur la Rive-Sud, non seulement parce que j’ai grandi là, mais aussi parce que j’ai quitté la Rive-Sud, car je trouvais qu’il n’y avait pas assez de spectacles.
Le duo Rau_ze.
(Photo : source - Élisabeth Landry) (Photo : source - Élisabeth Landry)
Le duo Rau_Ze. (Photo : source - Élisabeth Landry) (Photo : source - Élisabeth Landry)