Découvrir le sans gluten
Une exposition entièrement consacrée aux aliments sans gluten se tiendra prochainement au Provigo de Boucherville, le 26 septembre. L’événement proposera une sélection de produits à découvrir.
Lorsque des clients arrivent de très loin avec une glacière pour faire le plein de produits sans gluten, Martine Coulombe y voit la preuve d’un besoin qui dépasse Boucherville. La spécialiste en aliments naturels a donc voulu créer un rendez-vous pour une communauté qui doit constamment adapter son alimentation.
Spécialiste en aliments naturels depuis près de 11 ans, Martine Coulombe est à l’origine de cette exposition. Habituée à organiser ce genre de rendez-vous, elle souhaitait relancer les grands événements interrompus depuis la pandémie. Elle souligne que les événements avec une thématique sans gluten présentent parfois des produits divers. Mme Coulombe affirme ne vouloir présenter uniquement des produits dépourvus de gluten. « Moi, je veux une expo 100 % sans gluten », affirme-t-elle.
Une maladie « caméléon »
La maladie cœliaque est une maladie auto-immune provoquée par l’ingestion de gluten. Édith Lalanne, directrice générale de Cœliaque Québec, la qualifie de maladie « caméléon », puisqu’elle peut se manifester par plus de 200 signes et symptômes, autant digestifs qu’extradigestifs, explique Mme Lalanne.
Selon Cœliaque Québec, environ 90 000 Québécois seraient atteints de la maladie, mais plus de la moitié d’entre eux n’auraient toujours pas reçu de diagnostic. La grande diversité des symptômes compliquerait notamment son dépistage. « Il y a des gens qui vont vivre avec une fatigue toute leur vie sans penser que leur situation pourrait s’améliorer », souligne Mme Lalanne.
Une adaptation importante
Une fois le diagnostic confirmé, la personne doit éliminer complètement et durablement le gluten de son alimentation, puisqu’aucun médicament ne permet actuellement de traiter la maladie. Cette adaptation exige notamment de réorganiser la cuisine, d’apprendre à lire les étiquettes et de prévenir les risques de contamination croisée, autant à la maison qu’au restaurant ou chez des proches, avance Mme Lalanne. Les sorties, les voyages et les repas partagés demandent également davantage de préparation. « La qualité de vie écope durant la première année, parce qu’il y a beaucoup d’adaptations à faire », raconte Mme Lalanne, rappelant que l’alimentation sans gluten demeure le seul traitement reconnu.
Une offre qui s’est améliorée
Au cours de la dernière décennie, l’offre sans gluten s’est néanmoins considérablement diversifiée. Martine Coulombe se rappelle qu’au moment de son propre diagnostic, il y a environ 25 ans, les choix étaient rares et souvent peu savoureux. Elle estime que les entreprises québécoises proposent aujourd’hui des options de meilleure qualité, notamment dans les pains, les viennoiseries, les desserts et les repas prêts à emporter. Elle ajoute que l’offre québécoise rivalise avec celle proposée ailleurs dans le monde « On n’a rien à envier à personne au Québec », affirme-t-elle.
Cette amélioration du goût et de la variété ne signifie pas que tous les produits possèdent la même valeur nutritive. Selon Édith Lalanne, les fabricants doivent parfois ajouter davantage de sucre ou de gras afin de reproduire la texture normalement apportée par le gluten, particulièrement dans les produits de boulangerie. « Au chapitre de la qualité nutritionnelle, il reste des croûtes à manger », illustre-t-elle. Les prix demeurent également élevés, une situation que Mme Coulombe attribue notamment aux coûts des matières premières, du transport, et à une production réalisée à plus petite échelle.
Une communauté qui s’entraide
Pour Martine Coulombe, l’expo représente également une occasion de rassembler une communauté qui échange régulièrement des conseils et recommandations.
« Mes clients s’aident entre eux. Ils ont un esprit d’entraide, parce que ce n’est pas facile d’être cœliaque », témoigne-t-elle. Édith Lalanne rappelle pour sa part que l’adaptation suivant un diagnostic constitue un véritable cheminement qui ne peut être réalisé en une seule journée. « On commence à changer nos habitudes et on avance une étape à la fois. », conclut-elle.
