Dernier weekend d’exposition pour Marie-Aube Laniel
Par l’intégration de végétaux vivants à ses créations, l’artiste multidisciplinaire Marie-Aube Laniel propose une exposition évolutive.
Présentée jusqu’au 21 juin à la galerie Vincent-d’Indy, l’exposition En suspension plonge les visiteurs dans une parenthèse temporelle où poésie et matières organiques se rencontrent.
Historienne de formation et artiste multidisciplinaire, Marie-Aube Laniel y explore les liens entre le temps, l’espace et notre relation au monde. « C’est une exposition qui a été développée dans le cadre de deux résidences d’artiste », explique-t-elle en entretien avec le journal.
Quand l’art rencontre la botanique
À la croisée de la recherche scientifique, du militantisme et des arts plastiques, le travail de Marie-Aube Laniel repose sur ce qu’elle appelle une « coécriture avec le vivant ».
Pour réaliser ses œuvres, l’artiste utilise principalement des matériaux biodégradables qu’elle récolte de manière éthique ou qu’elle cultive elle-même. Une pratique qui, souligne-t-elle, « nécessite une compréhension intime des cycles naturels ».
Dans En suspension, elle a notamment choisi de travailler le saule, qu’il soit sauvage ou cultivé dans sa propre oseraie. Les branches sont ensuite tissées afin de donner naissance à des sculptures organiques. « Habituellement, les gens qui utilisent le saule fabriquent des paniers, explique-t-elle. Mais moi, je voulais faire des sculptures. »
Des œuvres qui évoluent
Parce qu’elles sont composées de matériaux vivants, les œuvres de Marie-Aube Laniel sont appelées à se transformer.
Avec le temps, elles se fanent, se dégradent, se muent ou se métamorphosent, révélant de nouvelles couleurs, textures et formes, donnant à cette exposition un caractère évolutif. « J’explore une représentation figurative du temps. Je veux que celui-ci s’inscrive dans les matériaux, souligne l’artiste. En incorporant des végétaux vivants aux œuvres ou en laissant certaines créations se dégrader naturellement à l’extérieur, elles deviennent des entités dynamiques qui participent à un dialogue continu avec leur environnement et mettent en lumière le caractère transformateur de l’art. »
Une démarche engagée
Au-delà de sa dimension esthétique, la démarche de Marie-Aube Laniel porte également une réflexion sur notre modèle de société et sur les enjeux environnementaux contemporains. « C’est une façon pour moi de déconstruire notre société de consommation, affirme-t-elle. Je travaille uniquement avec des matériaux biodégradables et je m’inscris dans le rythme des saisons. C’est une manière de contester le rythme de vie délétère dans lequel nous vivons. »
À travers En suspension, l’artiste propose ainsi une expérience contemplative où le vivant devient à la fois matériau, collaborateur et témoin du passage du temps.
