Fin de la résidence artistique de Manon Paquet
Il vous reste encore quelques jours pour assister à la résidence artistique de Manon Paquet, présentée au Café centre d’art jusqu’au 3 avril.
Avec cette résidence, le Café centre d’art met de l’avant une artiste émergente dont la démarche conjugue l’exploration des matières et la mise en lumière du banal et de l’insignifiant.
La poésie du quotidien
C’est à l’étage du Café centre d’art, avec une vue plongeante sur le Saint-Laurent, que l’artiste Manon Paquet a pris ses quartiers pour un mois. « J’ai été frappée par la beauté du lieu. On travaille vraiment bien ici, nous confie l’artiste. C’est ressourçant, c’est très paisible. »
Nous la retrouvons alors que le soleil brille dehors, soulignant l’arrivée du printemps et mettant en valeur les couleurs des nombreuses œuvres qui jonchent les murs de son atelier.
Le verbe joncher convient bien pour décrire la disposition de ses œuvres, d’autant plus qu’il s’agit aussi du nom qu’elle a choisi pour sa résidence : Ce qui jonche.
Dans ce projet, Manon Paquet explore les thèmes de l’habitat et de la cueillette. Elle puise son inspiration dans le dehors et vient la reproduire sur ses œuvres. « Je trouve que c’est un peu comme une cueillette visuelle, je vais choisir ce que je dessine. »
Originaire de Québec, elle s’intéresse aux territoires et aux détails parfois anodins qui jonchent et parsèment pourtant notre quotidien. « Ma pratique est toujours en lien avec l’environnement quotidien. C’est toujours un travail de décortication visuelle que je fais avec des sujets insignifiants. »
Pour Manon Paquet, il y a de la beauté dans ce que l’on oublie souvent de prendre le temps de regarder. « Je m’intéresse beaucoup au banal, au laissé-pour-compte, à ce qui est considéré comme sans valeur dans les environnements immédiats. Les belles choses, les belles architectures, on les a déjà tellement vues, photographiées et dessinées. Je trouve que les détritus, les petits végétaux, ces choses non planifiées, sont tout aussi signifiants que ce que l’on choisit de mettre dans notre environnement. »
La pratique de l’estampe
L’artiste s’attarde sur les détails du quotidien qu’elle transcende à travers sa pratique artistique : l’estampe, une technique qui permet de créer une image en l’imprimant sur papier à partir d’un support préparé, comme une plaque de bois, de métal, une pierre ou un écran de sérigraphie. « L’estampe, c’est vraiment ma spécialité, c’est vraiment ma niche. »
Entre rythmes, répétitions et variations, ses œuvres révèlent une multitude de pistes d’observation. Motifs végétaux et éléments industriels s’y entremêlent et racontent la poésie du banal. « Je décortique un objet banal dans ses lignes et ses formes, nous explique l’artiste. Avec la sérigraphie, ça vient le décomposer par couches et ça lui donne un niveau d’abstraction. Il devient autre chose et se lie à de nouvelles références. Des confusions se créent. J’aime jouer avec cette confusion-là. »
Le public est par la suite invité à poser un geste de cueillette sur son art, tout comme l’artiste a elle-même posé un geste de cueillette sur son territoire. La boucle est bouclée.
Faire voyager son art
Diplômée d’un baccalauréat en arts plastiques de l’Université Concordia en 2020, Manon Paquet s’exprime à travers plusieurs médiums, bien que l’estampe demeure son véhicule de prédilection, qu’elle explore dans une approche contemporaine.
Son parcours l’a menée à réaliser des résidences de création chez Zea Mays, aux États-Unis, en 2022, ainsi qu’au centre Engramme, à Québec, en 2024, avec son collectif, Le Collectif Sans Acronyme (LCSA). Son travail a aussi été présenté dans plusieurs expositions collectives à Québec et à Montréal.
Les œuvres réalisées dans le cadre de sa résidence au Café centre d’art seront ensuite exposées au centre de diffusion Presse Papier, à Trois-Rivières, du 7 mai au 7 juin.
« Le monde de l’estampe est petit. Au Québec, il n’y a que sept centres d’estampe. Ça fait partie de la vie d’artiste de devoir se déplacer. »
À ce titre, Manon Paquet se rendra, à l’automne, au Japon pour une résidence dans le cadre de laquelle elle apprendra une technique japonaise de gravure sur bois.
Encore quelques jours de résidence
Durant sa résidence, Manon Paquet est présente à son atelier du mercredi au vendredi, de 10 h à 16 h 30. Les visiteurs ont donc encore quelques jours pour venir à sa rencontre, découvrir son processus de création et échanger avec elle sur sa pratique artistique.
