Forêt intérieure

L’exposition La Louve, de l’artiste longueuillois Daniel Laflamme, est présentée du 11 novembre au 14 décembre au Centre multifonctionnel Francine-Gadbois.

L’exposition, qui propose une réflexion sensible sur le rapport que l’humain entretient avec la nature, s’articule autour de quatre éléments distincts, dont la pièce maîtresse, La Louve, est une sculpture réalisée entièrement en papier récupéré. Trois personnages y sont installés, vêtus de costumes inspirés par la nature et sa flore.

« À travers cette œuvre, je veux montrer le lien entre la nature et la culture », explique l’artiste, qui revendique l’usage de matériaux recyclés comme une part essentielle de sa démarche, qui juxtapose la création artistique aux enjeux environnementaux de notre époque.

Art écologique

Le travail de Daniel Laflamme repose ainsi sur trois mots-clés : l’enfance, l’environnement et l’écologie.

Né dans les Appalaches, l’artiste raconte une enfance passée en immersion dans la nature. « J’ai passé beaucoup de temps dans la forêt, dans les champs, à fouiller les ruisseaux, à observer les animaux. Ça et la création, c’étaient mes deux occupations principales quand j’étais enfant » se souvient l’artiste, non sans émotion.

Ces expériences ont façonné sa sensibilité artistique et continuent, aujourd’hui encore, d’alimenter sa réflexion et de guider sa pratique. « J’ai étudié la nature de façon empirique, je m’intéressais à tout ce que je pouvais y trouver. Cette préoccupation m’est toujours restée. »

La louve, un symbole fondateur

Le symbole de la louve occupe une place centrale dans l’exposition. Une figure protectrice, inspirante, nourrie autant par l’histoire de l’art que par les réminiscences personnelles de l’artiste.

« L’histoire d’un animal qui prend soin de bébés perdus est une image qui m’impressionne. Ça me faisait penser aussi à mon chien d’enfance, confie-t-il. Alors, j’ai fait un amalgame des deux souvenirs et j’ai décidé de créer cette œuvre-là, qui me rappelle toujours l’idée du lien entre la nature et l’humain. »

Créer pour mieux sensibiliser

Daniel Laflamme voit l’art comme un vecteur puissant de sensibilisation écologique.

L’utilisation de matériaux de récupération en est la première manifestation, mais l’intention va plus loin. « Par les matériaux et par les sujets que je choisis, toujours en lien avec l’écologie, j’essaie de faire en sorte que mes œuvres soient attrayantes. Je me dis qu’en démontrant la beauté de la nature, ça va nous porter à vouloir la préserver. »

Cette volonté de l’artiste de rapprocher son public de l’environnement passe par la couleur, la texture, la forme, mais aussi par une dimension plus narrative, parfois fantaisiste, de ses oeuvres.

Une exposition pour tous

Exposer à Boucherville revêt pour lui un sens particulier. « Exposer dans ma région, c’est pertinent et c’est important. C’est une forme de reconnaissance, par mes pairs, de l’importance des arts dans la société », souligne-t-il.

Daniel Laflamme insiste également sur le caractère inclusif de l’exposition. « Ce que je fais en art peut autant intéresser les enfants que les adultes. J’espère que les parents vont amener leurs enfants, autant pour les sensibiliser à l’écologie, mais aussi pour le plaisir d’avoir des images en tête. »

Infatigable, l’artiste affirme être toujours plongé dans de nouveaux projets. « Je suis en constante production. J’ai de la difficulté à m’arrêter », déclare-t-il en riant. Sculpture, dessin, peinture, photographie, sa pratique se déploie dans une multitude de formes qui nourrissent son rapport intime à la nature.