Francesca Penserini trace les chemins de la mémoire dans son exposition
Du 13 novembre au 18 janvier, l’exposition Dessin sans fin, de l’artiste Francesca Penserini, investit la Galerie Jean-Letarte.
À travers une démarche qui allie le langage du dessin à celui de la sculpture, l’artiste Francesca Penserini présente des œuvres dynamiques, lumineuses, en mouvement, permettant à l’imagination de s’y engouffrer.
Une exposition immersive dont la mise en scène est conçue spécialement pour la Galerie Jean-Letarte, son architecture et sa luminosité. « J’ai fait une proposition sur mesure pour cette exposition », explique Francesca Penserini en entretien. Et le résultat semble dépasser toutes les attentes. « C’est comme si les œuvres étaient en synergie avec le lieu. »
Langage visuel
Dans l’approche artistique de Francesca Penserini, tout commence par un échange avec le regard du visiteur.
« Mon exposition se présente comme un labyrinthe, j’invite les spectateurs à déambuler, à rentrer dans les œuvres, à en faire l’expérience pour, au final, aller vers une intériorité, vers des traces de mémoire. »
Se balader dans l’exposition devient alors une véritable expérience personnelle. L’objectif de Francesca Penserini est que le spectateur entre en dialogue avec ses oeuvres, qu’il se laisse porter par leurs formes et ce qu’elles nous insufflent.
« Je trouve que le langage visuel est très intéressant, car c’est universel, ça va au-delà du langage parlé. On est à même, avec des éléments graphiques, structuraux, d’interpréter différentes possibilités sans pour autant qu’il y ait une explication ou une écriture. »
Chaque personne peut ainsi se réapproprier ses œuvres en fonction de sa propre expérience. « On a une mémoire atavique, ancestrale, qui nous permet de reconnaître une foule d’éléments qui sont présents dans mon travail visuel. »
C’est dans cette perspective que l’exposition Dessin sans fin se déploie comme une invitation à l’introspection sans limite. « C’est pour ça que l’exposition s’appelle Dessin sans fin. On sait où ça commence, mais on ne sait pas où ça finit. »
Tracer le lien
Francesca Penserini voit donc l’art comme un langage premier dans lequel les matières sont des vecteurs de mémoire, des fragments d’histoire ouvrant la voie à des interprétations sensibles et personnelles.
« Je considère que c’est comme si le papier, la matière, devenait capteur de mémoire. Ce sont des traces que l’on reconnaît, des choses auxquelles on est familiers. Ça fait partie de mon travail, de faire ces liens. »
Galerie Jean-Letarte
Présentée comme une quasi-rétrospective, l’exposition permet également à l’artiste de redécouvrir son propre travail dans un nouvel environnement.
« C’est très touchant pour une artiste de voir son travail présenté de cette façon-là. Cette exposition est un peu comme une rétrospective d’une partie de mon travail. Il y a une communication qui s’établit entre le dessin et les œuvres tridimensionnelles. »
Au-delà de l’atelier, Francesca Penserini attache une grande importance à la médiation et au partage.
« J’ai développé une activité de médiation parallèlement à mon travail d’atelier. Je trouve importante la rencontre avec des gens de la communauté. À Boucherville, il y a déjà des liens entre les écoles du réseau scolaire et le centre d’exposition de la Galerie Jean-Letarte. Je trouve ça important de présenter mon travail, mais je trouve aussi absolument enrichissant d’aller vers la rencontre. »
