Le Café Saint-Laurent se prépare pour le concours de l’AQGBB
Après avoir remporté deux prix au Goûte-Boudin québécois, le Café Saint-Laurent se prépare à retourner à la compétition. L’équipe ignore encore quelle création elle présentera, mais compte perfectionner la recette qui lui a permis de se distinguer.
C’est dans un petit café au cœur du Vieux-Boucherville que l’on retrouve le meilleur boudin québécois, selon l’Association québécoise du Goûte-Boudin de Boucherville (AQGBB). Après avoir remporté deux Délys d’or en 2025, le Café Saint-Laurent s’apprête à retourner en compétition pour défendre ses titres.
À l’approche de la prochaine édition du Goûte-boudin québécois, le chef et copropriétaire Laurent Giguère et le sous-chef Christopher Dubois se remettent au travail. Leur boudin classique sera présenté de nouveau, mais l’équipe souhaite encore le peaufiner. La création qui l’accompagnera dans l’autre catégorie reste toutefois à déterminer.
Le concours comporte deux catégories. Dans la catégorie classique, le jury évalue le boudin seul, tandis que la catégorie créative permet d’intégrer le même produit à une assiette complète.
Améliorer une recette gagnante
Le succès de la recette pose maintenant un dilemme. Devraient-ils présenter le boudin qui leur a valu l’or sans y toucher ou prendre le risque de le modifier? Laurent Giguère privilégie la seconde option, estimant qu’un produit gagnant peut encore progresser. « La perfection, selon moi, ça n’existe pas. Il y a toujours une porte à l’amélioration », affirme-t-il.
Les changements envisagés pourraient être subtils et toucher notamment la consistance, l’assaisonnement ou la quantité de gras. Laurent Giguère et Christopher Dubois devront donc effectuer plusieurs tests avant d’avoir leur recette qui sera présentée au concours. « Ça va être des essais et des erreurs. Est-ce qu’on rajoute un peu de sel, un peu de poivre ou un peu plus de gras? Il y a plein de petites choses à essayer », explique le chef.
Même s’il tente de ne pas se laisser envahir par la pression, Laurent Giguère ne cache pas son ambition de conserver sa première place. Le chef souhaite voir le Café Saint-Laurent terminer de nouveau au sommet lors du prochain concours. « J’essaie de ne pas trop stresser avec ça, mais j’aimerais ça garder le numéro un », confie-t-il.
Leur boudin se distingue également par la méthode de présentation privilégiée par l’équipe. Plutôt que de remplir un boyau, qui peut nuire à la texture, les cuisiniers déposent la préparation dans un moule afin de la cuire à la manière d’un pâté, ce qui lui donne sa forme de pavé. « On trouve que c’est mieux de le cuire comme une terrine », indique Laurent Giguère, tout en reconnaissant que la présentation en boyau demeure la plus répandue.
Le retour du boudin
Longtemps associé à de mauvais souvenirs, le boudin demeure un plat qui divise. Laurent Giguère raconte que plusieurs clients « viennent ici et qui disent avoir eu une mauvaise expérience avec le boudin », souligne le chef et copropriétaire. C’est justement cette perception que l’équipe souhaite changer en proposant une version plus accessible de ce mets traditionnel.
Tout en conservant le caractère rustique de la recette, Laurent Giguère cherche à créer un boudin susceptible de plaire à un plus grand nombre de personnes. « Je me suis demandé si on ne pouvait pas l’amener à un niveau où tout le monde serait capable d’en manger », explique-t-il.
Cette approche semble avoir permis au boudin de reconquérir une partie de la clientèle. Selon le sous-chef Christopher Dubois, il suffit parfois de quelques heures après la publication d’un menu comprenant du boudin pour que des clients téléphonent afin de réserver. Certains se rendent même au restaurant spécialement pour le déguster. « Les gens sont retombés en amour avec le boudin », constate le sous-chef.
