Le vernissage de Linda Holmes 

La Bouchervilloise Linda Holmes présente une vingtaine de toiles abstraites inspirées des sentiments et des récits de la mythologie grecque. Avec cette exposition, l’artiste souhaite transporter les visiteurs « hors de leur quotidien ». L’exposition aura lieu au bureau de circonscription du député Xavier Barsalou-Duval à Varennes.

Depuis plusieurs années, Linda Holmes utilise les figures mythologiques, leurs relations de pouvoir et leurs aventures souvent tragiques pour alimenter sa création. « Pour moi, la mythologie, c’est à l’infini en termes de sujets », explique l’artiste, qui voit dans cet univers une source d’inspiration encore loin d’être épuisée.

L’exposition réunit une vingtaine de tableaux tirés d’une collection de 22 à 25 œuvres consacrées aux sentiments dans la mythologie grecque. Principalement réalisées dans un format de 16 pouces sur 20, (40 cm sur 50 cm) les toiles forment un ensemble cohérent qui permet à Linda Holmes de présenter toute sa série et de faire découvrir aux visiteurs les différentes facettes de sa démarche artistique.

Pour concevoir ses œuvres, Linda Holmes navigue dans l’univers des muses, des déesses et des dieux grecs. Elle s’intéresse principalement aux valeurs véhiculées par leurs histoires, aux relations de pouvoir entre les personnages ainsi qu’aux émotions qui traversent leurs aventures, souvent marquées par la tragédie. « Pour moi, la mythologie, c’est à l’infini en termes de sujets », souligne-t-elle.

Une œuvre personnelle

Parmi les œuvres de la série, l’une d’elles possède un aspect particulièrement personnel pour Linda Holmes. Inspirée de Mnémosyne, déesse de la mémoire, la toile évoque la maladie d’Alzheimer, dont son père est atteint. Sa réalisation s’est révélée plus difficile en raison de la charge émotive liée au sujet. « J’ai voulu absolument participer à cette cause qui me tient vraiment à cœur », confie l’artiste.

La démarche abstraite

Dans sa démarche, Linda Holmes accorde une place importante à l’improvisation. Si chaque toile naît d’une idée précise, l’artiste se laisse ensuite guider par les couleurs, les formes et les émotions du moment, sans chercher à prévoir l’apparence définitive de l’œuvre. « J’ai toujours une idée de départ, mais ce qui me stimule, c’est que je ne connais jamais le résultat final », explique-t-elle.

La création d’une toile peut lui prendre entre un et quatre mois. Elle travaille à plat avec des encres et des pigments d’acrylique. Linda Holmes place ensuite l’œuvre sur son chevalet afin de l’observer pendant quelques semaines et prend le temps d’y apporter des retouches. Sa technique mixte intègre également des feuilles d’or, de l’encre de Chine et quelques collages. « À un certain moment, je sens qu’elle est complète et qu’elle est terminée », raconte-t-elle.

Ses débuts

La passion de Linda Holmes pour l’art remonte toutefois à bien avant ses premiers coups de pinceau. À 14 ans, elle découvre une exposition consacrée à Edgar Degas au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, une expérience qui nourrit son intérêt pour les musées et l’histoire de l’art.

Ce n’est qu’en 2015 qu’elle peint sa première toile abstraite, après avoir découvert à Boucherville un atelier d’exploration fréquenté par des artistes autodidactes.

Elle y poursuivra sa démarche pendant quatre ans, développant progressivement son propre style artistique. Depuis sa retraite en 2020, elle consacre davantage de temps à cette passion, qu’elle alimente notamment par des visites de musées. « L’histoire de l’art me fait voyager à travers les époques », affirme-t-elle.

Découvrir l’art abstrait

À travers son exposition, Linda Holmes souhaite également donner aux visiteurs le goût de découvrir davantage l’art abstrait. Elle apprécie particulièrement le fait qu’une même œuvre puisse susciter des interprétations complètement différentes d’une personne à l’autre. « On peut regarder une toile abstraite, il peut y avoir dix visiteurs et il n’y en a pas un qui va l’interpréter de la même façon », observe-t-elle. Son objectif demeure avant tout de sortir le public du quotidien et de le transporter ailleurs pendant quelques instants.

Un lien fort avec Boucherville

Installée à Boucherville depuis 1966, Linda Holmes entretient un profond attachement envers la ville dont elle a observé l’évolution au fil des décennies. Elle apprécie particulièrement sa qualité de vie, mais aussi la place qu’elle accorde aux arts grâce aux différents lieux d’exposition, aux activités culturelles et aux organismes consacrés notamment à la peinture et à la photographie. L’artiste a d’ailleurs récemment présenté ses œuvres au Café des Arts et va également exposer à l’hôtel de ville. « La qualité de vie à Boucherville, c’est extraordinaire », affirme-t-elle, avant d’ajouter qu’elle n’irait pas vivre ailleurs.

La suite

Linda Holmes entend maintenant poursuivre sa démarche artistique et faire connaître l’évolution de son travail au public. Plusieurs expositions figurent déjà à son calendrier, notamment à Sainte-Julie, La Prairie, Brossard et Longueuil, en plus de sa présence prévue à l’hôtel de ville de Boucherville. Malgré le nombre d’œuvres qu’elle a déjà consacrées aux sentiments dans la mythologie grecque, l’artiste ne considère pas cette série comme achevée. « Je ne me limite pas à un nombre de toiles défini. J’ai encore beaucoup à explorer dans ce thème », conclut-elle.