Lysandre remporte le prix Félix-Leclerc
Une consécration pour l’autrice- compositrice-interprète, qui poursuit une ascension remarquée sur la scène musicale québécoise.
L’année 2026 s’annonce comme celle de Lysandre Ménard, connue sous le nom d’artiste Lysandre. L’autrice-compositrice-interprète bouchervilloise a reçu, le 12 juin dernier, le 30e prix Félix-Leclerc remis par la SOCAN.
La distinction lui a été remise au MTELUS par Lou-Adriane Cassidy, lauréate de l’édition 2024, alors que Lysandre assurait la première partie de son spectacle dans le cadre de la 37e édition des Francos de Montréal.
La Bouchervilloise poursuit ainsi son ascension dans le paysage musical québécois. De son parcours en piano classique à la sortie de son deuxième album, Portrait de l’invisible, nous nous sommes entretenus avec l’artiste qui revient sur cette distinction, les défis du milieu musical et l’esprit de solidarité qui anime sa génération.
Que représente ce prix pour toi?
C’est possiblement l’un des plus beaux prix pour les auteurs-compositeurs-interprètes. Je suis très surprise et très fière. Beaucoup de gens que j’estime énormément l’ont remporté avant moi. C’est un tremplin, ça ouvre des portes, c’est le gage de quelque chose, une belle tape dans le dos.
Ça me dit de continuer, même si le milieu de la musique n’est pas toujours évident. Ce sont des moments comme celui-là qui donnent de l’espoir. Ça fait vraiment du bien.
Depuis combien de temps fais-tu de la musique?
Je fais de la musique depuis que j’ai cinq ans. J’ai commencé le piano avec Hélène Lord, à Boucherville. J’ai étudié le piano classique jusqu’à ma maîtrise au Royal Academy of Music de Londres.
Je suis revenue à Montréal durant la pandémie et j’ai été appelée pour participer à la tournée de Klô Pelgag. En parallèle, j’ai commencé à composer mes propres chansons et j’ai sorti un premier EP.
À partir de quel moment t’es-tu dit que tu allais en faire ton métier?
Depuis longtemps, je sais que je veux être musicienne. Au départ, c’était davantage dans le domaine du piano classique. J’étudiais pour devenir concertiste soliste.
Il y a des chemins qui se tracent sans qu’on les ait nécessairement prémédités. J’ai commencé à jouer avec des groupes québécois, à accompagner des artistes, puis j’ai lancé mon propre projet.
C’est ce qui est beau dans la musique, à un moment donné, ça devient naturel que ce soit ton métier. C’est devenu très clair pour moi, parce que c’est là que je me sens le mieux.
Quelles sont les réalités du milieu de la musique?
C’est certain que l’aide gouvernementale est essentielle. Plusieurs salles n’ont pas nécessairement accès aux subventions, et il est difficile de se faire programmer sans soutien.
Il y a aussi les plateformes numériques qui rendent la sortie d’albums plus complexe. Je viens d’une école qui aime concevoir un album comme une œuvre complète qui s’écoute du début à la fin, mais aujourd’hui, on est davantage dans une culture du single.
Tout est en transformation et il faut constamment s’adapter aux changements de l’industrie. On doit être compositeur, mais aussi s’occuper de notre image, du marketing et des réseaux sociaux. On doit porter plusieurs chapeaux. Heureusement, j’ai trouvé de bonnes personnes qui m’accompagnent dans tout ça.
Quel est l’environnement entre les artistes québécois?
Je pense qu’en ce moment, on est dans une famille de la musique québécoise qui est assez unique. Tout le monde vit les mêmes réalités, les transformations du milieu, le manque de financement et les enjeux liés aux subventions.
J’ai l’impression qu’il y a une nouvelle génération d’artistes québécois qui sont amis, qui vivent les mêmes choses et qui ont simplement envie de s’entraider et de s’élever mutuellement. C’est ce que je trouve le plus beau dans mon métier. Il y a un sentiment très familial que je trouve extraordinaire.
Le prix Félix-Leclerc
Créé en 1996 par la Fondation Félix-Leclerc, en collaboration avec les Francos de Montréal, le prix de la chanson Félix-Leclerc vise à stimuler la créativité des jeunes auteurs-compositeurs et à favoriser le rayonnement de la chanson francophone.
En recevant cette haute distinction, Lysandre succède au groupe Rau_Ze, lauréat de l’an dernier, et rejoint une liste d’artistes de renom ayant été récompensés avant elle, dont Klô Pelgag (2017), Hubert Lenoir (2018), Les Louanges (2019) et Ariane Roy (2023).
Elle s’est démarquée parmi une sélection de finalistes talentueux, parmi lesquels figuraient Alphonse Bisaillon, Édouard Tremblay-Grenier, Grand Eugène, Kamilou, Kinji00, Marco Ema, Marie Céleste, Naomi et Vanille.
Au Québec, le prix comprend une bourse de 10 000 $ offerte par la SOCAN, une invitation aux Francofolies de La Rochelle en 2027 ainsi qu’une résidence artistique à la Cité internationale de la langue française, au château de Villers-Cotterêts, en France.
Cette année, le jury était composé de Philippe Papineau (Le Devoir et CIBL), Claude Côté (Paroles & Musique), Estelle Grignon (CHOQ), Marissa Groguhé (La Presse), Émilie Rioux (Radio-Canada et CKIA), ainsi que Félix Paul et Rose Perron du duo Rau_Ze.
