Une galerie d’art sauvage à Boucherville
À Boucherville, le long du fleuve Saint-Laurent, entre le club d’aviron et la station de pompage, se trouve un endroit pour le moins hors normes : une galerie d’art sauvage au cœur de la nature.
Si on la cherche, elle est facile à trouver, sinon elle passe complètement inaperçue. Voilée par la verdure qui l’entoure et par les arbres sur lesquels une partie de ses œuvres sont directement installées, la « Galerie plein air du bord du fleuve », comme l’indique un petit panneau à son entrée, est une galerie sauvage, ouverte à tous.
Depuis 2020
La « Galerie plein air du bord du fleuve » a vu le jour durant la pandémie de COVID-19.
Durant cette période de confinement mondial, la plupart des galeries et des musées ont fermé leurs portes, créant un vide entre les artistes, leur public et leurs créations.
C’est dans ce contexte qu’un artiste, qui ne dit pas son nom, a décidé de démarrer la galerie plein air à l’été 2020 à Boucherville, en créant un lieu où les artistes peuvent exposer leurs œuvres « en tenant compte que celles-ci peuvent être volées, détruites par les intempéries ou vandalisées », comme le souligne un écriteau qui résume l’histoire du projet à l’entrée de la galerie.
À cette époque, plus de 30 artistes y ont pris part. « Trente-six toiles de différentes grandeurs, du figuratif à l’art numérique, 16 sculptures bois et argile en passant par le tissu durci et 8 installations furent exposées. »
Aujourd’hui, en 2026, la galerie est toujours là et elle a grandi.
Une galerie anticonformiste
Pour y entrer, pas besoin de billet. Pour y exposer, pas besoin d’autorisation. Il suffit de longer le Saint-Laurent, près du club d’aviron. Là, sans s’en rendre compte, on se retrouve tout à coup plongé au cœur d’une allée d’arbres sur lesquels sont accrochés des centaines de tableaux et d’œuvres artistiques en tout genre.
Des statues posées sur la berge regardent tranquillement les pêcheurs et les bateaux passer, des cimes d’arbres supportent des cadres, des toiles sont posées à même le sol. Quand on pense en avoir fait le tour, on est toujours surpris de découvrir une nouvelle œuvre cachée çà et là.
Certaines œuvres sont signées, d’autres non. Il se dégage un aspect très impersonnel de cette galerie. C’est de l’art brut, on ne sait pas qui se cache derrière les œuvres, on peut simplement en apprécier l’originalité, les couleurs, les formes et les textures.
De l’art brut
Personne ne surveille les lieux. Il n’y a que le spectateur et l’art, bercés par le bruit du courant. Des chaises sont disposées pour permettre aux visiteurs de s’asseoir, tandis que de petits écriteaux expliquent certaines démarches artistiques et que d’autres récitent des poèmes.
La nature a créé un petit îlot de protection à la galerie. Les feuilles des arbres protègent les œuvres de la pluie, même si le temps a inéluctablement laissé ses marques sur certaines d’entre elles. Rien n’indique depuis quand elles sont là, mis à part leur état.
