Vincent Tremblay conclut sa trilogie jeunesse 

Enseignant au primaire à l’école de la Broquerie, Vincent Tremblay vient de faire paraître le troisième tome de sa trilogie Mon fort est plus fort que le tien.

C’est sur de simples feuilles de papier, rudimentairement assemblées les unes aux autres, qu’est né, en 2021, dans le cadre d’un cercle de lecture initié par des enseignants de quatrième année à l’école de la Broquerie, le livre Mon fort est plus fort que le tien de Vincent Tremblay.

Ce qui n’était au départ qu’un outil d’enseignement, circulant de mains en mains dans les couloirs de l’école, s’est peu à peu transformé en une véritable aventure littéraire, portée par un éditeur et par un lectorat désireux de voir l’histoire se poursuivre.

À l’occasion de la parution du dernier tome, qui vient clore définitivement la trilogie, nous avons rencontré Vincent Tremblay, enseignant et auteur, afin d’échanger sur son rapport à l’écriture, à la lecture et à l’enseignement.

À quel moment l’écriture est-elle entrée dans votre vie ?

J’ai commencé à écrire quand j’étais adolescent. J’écrivais pour le plaisir, des livres fantastiques. Je pense avoir été très inspiré par Harry Potter.

Quand je suis devenu enseignant, j’ai eu le rêve de pouvoir faire lire un de mes livres à mes élèves. En 2021, on voulait faire un cercle de lecture avec mes deux collègues de quatrième année, mais on ne trouvait pas de livre et on n’avait pas assez d’argent pour que chaque élève ait sa copie. Je me suis donc proposé d’écrire une histoire.

On a cherché une thématique qui pourrait intéresser tous les élèves et c’est là qu’on a eu l’illumination des guerres de forts. C’est très intense, les guerres de forts, et il n’y a personne de mieux placé qu’un enseignant au primaire pour décrire cette réalité-là. 

Qu’est-ce qui vous pousse à écrire pour les jeunes lecteurs ?

Je suis enseignant au primaire et je sais à quel point la littérature a un impact dans la vie des jeunes. Je connais les bienfaits de la lecture, je le vois chez mes élèves : ça les nourrit, ça les aide. 

J’ai donc toujours su que, si j’étais publié un jour, ce serait vraiment pour les jeunes, pour les rencontrer dans les classes et partager avec eux cet amour de l’écriture et de la lecture.

Pour qu’ils arrêtent de le voir uniquement comme une corvée scolaire.

Aviez-vous dès le départ une vision en trois tomes ?

Oui, vraiment. Quand on a lu la première version en 2021, qui était imprimée sur des feuilles d’ordinateur, je leur disais déjà que j’avais des idées pour un tome deux, puis un tome trois. 

Ce que je voulais, c’est que l’école travaille le tome un en quatrième année, le tome deux en cinquième, puis le tome trois en sixième, parce que c’est ça la réalité dans le livre.

Le personnage principal grandit à travers les tomes. Ce qu’il vit, les élèves le vivent aussi. Je voulais qu’ils puissent s’identifier aux personnages.

Que représente pour vous la publication de ce troisième roman ?

Le tome trois, c’est vraiment une conclusion. Il y a un beau dénouement, c’est une belle fin. Il n’y aura pas de suite pour cette trilogie-là.

Je trouve que le tome trois a été difficile à écrire, car les tomes un et deux avaient vraiment été appréciés et je ne voulais pas gâcher la conclusion. Je pense que ça se termine très bien. C’est un tome qui va marquer beaucoup les gens qui ont aimé cet univers-là.

Avez-vous déjà de nouveaux projets d’écriture en tête  ?

Oui. J’ai publié à l’automne Une légende terrifiante, un livre d’épouvante destiné aux adolescents de 13 ans et plus. C’est un livre qui fonctionne très bien, l’horreur est très en vogue, autant en littérature qu’au cinéma. 

Mon éditeur m’a d’ailleurs demandé d’en écrire un deuxième, qu’il aimerait publier en septembre 2026. J’ai aussi d’autres projets de littérature jeunesse en tête, c’est mon créneau et j’aime vraiment ça.

En quoi le métier d’enseignant nourrit-il votre écriture ?

Ça m’aide beaucoup, ne serait-ce que pour présenter mon livre dans les classes, je sais comment approcher un groupe. L’un nourrit l’autre, et c’est ça qui est beau. Autant écrire me permet de rencontrer du beau monde dans les salons du livre et de ramener ce bagage-là dans ma classe, autant ce que je vis avec mes élèves apporte une touche de réalité dans mes livres.

Ce que les élèves me racontent, ce qu’ils vivent, ce qui les intéresse, je me dis toujours que je pourrais en faire un livre.

Pensez-vous que la littérature jeunesse est un outil pour aborder des enjeux plus profonds ?

Oui, tout à fait. Il y a tellement de beaux messages sur l’amitié, l’importance de faire des efforts, la capacité de reconnaître nos torts, la résolution de conflits dans mon livre.

C’est vraiment un livre qui se travaille très bien en classe et qui parle énormément aux enfants, parce qu’ils vont s’y reconnaître.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes qui rêvent d’écrire ?

Je leur dis toujours de se lancer, d’écrire, de laisser aller les histoires qui les entourent, de s’inspirer de leur quotidien. Il faut écrire pour le plaisir, chez soi, sans penser à l’orthographe, sans penser à se corriger.

Il faut juste écrire pour donner vie à quelque chose. Pour moi, écrire, c’est un immense pouvoir : on donne vie à des personnages, à des lieux, à des univers. Je trouve que ce n’est pas toutes les formes d’art qui permettent ça.

Quand on lit un livre, l’histoire nous est imposée, quand on visionne un film, l’histoire nous est imposée, mais quand on écrit, c’est tout notre pouvoir de création qui s’exprime. Créer une histoire et en être fier, c’est enivrant.