Le Salon de l’emploi, miroir des tensions géopolitiques mondiales
La Journée de l’emploi et de la formation continue a eu lieu à Boucherville en ce début d’année. Les organisateurs soulignent toutefois une baisse de l’offre d’emplois sur la Rive-Sud.
Le jeudi 12 mars, la Journée de l’emploi et de la formation continue se tenait de 10 h à 17 h à l’hôtel Mortagne de Boucherville. Organisé par Événement Carrières, le rendez-vous vise à mettre en relation directe les entreprises, les établissements d’enseignement et les personnes à la recherche de nouvelles perspectives professionnelles.
Or, en se rendant sur place, on constate que le contexte géopolitique des derniers mois a une incidence directe sur le marché de l’emploi au Québec. Guerre, droits de douane, cours du pétrole, immigration, toutes ces actualités qui ponctuent notre quotidien génèrent de l’incertitude pour les entreprises de la Rive-Sud, qui sont plus frileuses à ouvrir de nouveaux postes.
« On a beaucoup d’incertitudes et, en développement économique, c’est très difficile. » – Patrick Rouillard
Moins d’exposants
Les chercheurs d’emploi, les personnes en réorientation de carrière et celles souhaitant entreprendre une formation avaient rendez-vous, le jeudi 12 mars, dans le hall de l’hôtel Mortagne, où se succédaient, le long des allées, plus de 60 exposants, principalement des entreprises à la recherche de main-d’œuvre.
Si l’événement semble dynamique au premier abord, le directeur général de l’organisme Événement Carrières, Patrick Rouillard, responsable de ce salon, fait état d’un certain déséquilibre par rapport aux années précédentes. « Il y a moins de demandes de la part des entreprises qui embauchent, on le voit, c’est très clair, déclare-t-il en entrevue. On est contents, on a un beau salon bien rempli, mais c’est sûr que la demande est moins forte du côté des employeurs. »
Selon lui, cette baisse quant aux offres d’emploi n’a rien d’anodin. « Les gens sont dans l’incertitude. Les entreprises qui viennent s’inscrivent souvent à la dernière minute. Elles ne savent pas ce qui va se passer dans les prochaines semaines ou les prochains mois. Donc, elles réservent leurs kiosques très tardivement. Elles sont sur les freins. »
L’incertitude plane donc au-dessus de la tête des exposants qui, s’ils sont présents, cherchent souvent à pourvoir des postes très précis pour répondre à des besoins particuliers. « On participe à pas mal tous les salons de l’emploi, mais présentement, on fait surtout la promotion du métier de poseur d’armature. C’est ce dont on a besoin, de la main-d’œuvre qualifiée, nous explique Sabrina Purdey, représentante au kiosque d’AGF, une entreprise spécialisée dans l’acier d’armature et la post-tension. Il y a un changement dans nos recherches de main-d’œuvre. Présentement, on a moins de postes administratifs que l’an dernier. »
Contexte géopolitique
Cette baisse relative aux possibilités d’emploi serait notamment liée au contexte géopolitique mondial, particulièrement instable actuellement. « C’est une incertitude liée à nos voisins du Sud, déclare sans détour Patrick Rouillard. La guerre a une influence sur le prix du pétrole. Donc, il y aura une hausse du coût de la vie, parce que tout ce qui se retrouve dans notre maison ou dans notre assiette a été transporté par camion. Donc, nécessairement, il y aura une hausse des prix et un impact sur l’économie. Combien de temps ça va durer? On ne sait pas. Trump parle de quatre semaines, mais ça pourrait s’étirer. On a beaucoup d’incertitudes et, en développement économique, c’est très difficile. »
L’incertitude et l’instabilité semblent donc être les mots d’ordre en ce début d’année 2026. Les récentes actions des États-Unis sur les droits de douane et en Iran ont des effets directs sur le coût de la vie au Québec et le marché du travail en subit directement les conséquences. Malgré tout, l’organisme chargé du salon poursuit sa mission et souligne certaines réussites. « Le salon est quand même encore plein d’entreprises. Donc, il y a toujours des besoins, se félicite Patrick Rouillard. C’est simplement que les gens ont de la difficulté à anticiper ce qui va se passer. »
