Le Salon de l’emploi voit ses visiteurs changer
Entre hausse du chômage et réformes en immigration, les chercheurs d’emploi remplacent progressivement les simples curieux à la recherche d’occasions professionnelles.
La Journée de l’emploi et de la formation continue a eu lieu à Boucherville en ce début d’année. En plus d’une baisse de l’offre d’emploi attribuable aux instabilités du contexte géopolitique avec nos voisins du Sud et d’une diminution de l’achalandage due aux conditions climatiques, les organisateurs soulignent un changement marqué dans le profil des visiteurs.
Changement de profil
Le jeudi 12 mars, la Journée de l’emploi et de la formation continue se tenait, de 10 h à 17 h, à l’hôtel Mortagne de Boucherville. Organisé par Événement Carrières, le rendez-vous visait à mettre en relation directe des entreprises, des établissements d’enseignement et des personnes à la recherche de nouvelles perspectives professionnelles.
En raison des intempéries liées à la tempête de verglas, Événement Carrières déplorait un achalandage divisé par deux par rapport à ses habitudes. L’organisme, qui accueille généralement aux alentours de 2 500 personnes, n’en a dénombré que 1000 pour cette première rencontre de 2026. Mais ce n’est pas tout. Parmi les quelques milliers de visiteurs recensés, le directeur général observe un changement flagrant dans les profils.
Taux de chômage
Le Salon de l’emploi était divisé en trois zones principales afin de faciliter les rencontres et les démarches des visiteurs. On y retrouvait un espace emploi, où les participants pouvaient échanger directement avec des recruteurs et des responsables des ressources humaines; un espace formation, destiné aux personnes souhaitant retourner aux études ou se réorienter professionnellement; et un espace aide à l’emploi et à l’intégration, réunissant des organismes spécialisés dans l’accompagnement professionnel.
Or, il s’avère que c’est surtout l’espace emploi qui attirait le plus les visiteurs. Un changement dans les intérêts professionnels qui serait notamment lié à la hausse du taux de chômage. « Si l’on regarde les indices de taux de chômage, ils sont à la hausse, souligne Patrick Rouillard, directeur général d’Événement Carrières, rencontré sur place. Dans l’achalandage des visiteurs, le profil a changé. Maintenant, on va avoir des chercheurs d’emploi. Avant, on avait des chercheurs d’opportunités. C’est-à-dire des gens qui sont déjà en emploi et qui veulent voir s’il n’y a pas quelque chose de mieux pour eux. Maintenant, ce sont surtout des gens qui cherchent de l’emploi. »
Immigration et visas
Un autre changement majeur dans les profils des visiteurs serait lié à leur statut.
Les récentes mesures en immigration, notamment l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), ont exercé une incidence directe sur la main-d’œuvre disponible sur le marché du travail, selon le directeur. « Autre chose qui a changé, ce sont toutes les règles de l’immigration qui font en sorte que maintenant, on a moins d’immigrants qui n’ont pas encore leur résidence permanente. »
Avant cette réforme, beaucoup de visiteurs venaient à titre exploratoire et opportuniste pour se renseigner sur les offres du marché et les mettre en corrélation avec de potentiels visas de travail. « Maintenant, ce sont des gens qui ont leurs papiers, qui sont prêts à travailler, qui peuvent travailler, qui ont leur résidence ou leur permis de travail. On voit une baisse d’achalandage comparativement aux dernières années. Par contre, ce sont des gens qui peuvent travailler. Les demandeurs d’asile ne sont pas ici. »
