Perspectives économiques 2026 pour la Rive-Sud
Entre productivité consommation et nouvelles opportunité, comment se portera l’économie sur la Rive-Sud en 2026 ?
Le 3 février dernier, la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud a accueilli Isabelle Hudon, présidente et cheffe de la direction de la Banque de développement du Canada (BDC), ainsi que Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef, dans le cadre d’une discussion portant sur les perspectives économiques de l’année 2026.
Tenue à guichet fermé, cette rencontre a permis aux entrepreneurs et aux décideurs d’accéder à une analyse rigoureuse des principaux indicateurs économiques à surveiller, de même qu’à un éclairage stratégique sur les opportunités et les risques à venir, dans un contexte où les entreprises évoluent au sein d’environnements économiques, financiers et géopolitiques marqués par l’incertitude.
Trois facteurs
Selon Pierre Cléroux, l’année 2026 sera marquée par trois facteurs clés, à commencer par les négociations entourant l’Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM) qui occuperont le devant de la scène.
Il se dit confiant quant à la conclusion d’une entente entre les parties, bien que les discussions s’annoncent complexes. Il rappelle que le Canada est le principal client des États-Unis dans 39 états et que les économies des deux pays sont étroitement intégrées. L’absence d’accord aurait des répercussions importantes des deux côtés de la frontière.
Le deuxième facteur concerne la continuité de la croissance démographique négative, qui devrait avoir des impacts significatifs sur le marché du travail en 2026.
Cette tendance accentuera la pénurie de main-d’œuvre et obligera les entreprises à revoir leurs pratiques, notamment en mettant en place de nouvelles stratégies visant à optimiser l’organisation du travail et à réduire leurs besoins en main-d’œuvre.
Enfin, le taux directeur devrait demeurer stable au cours de la prochaine année.
Selon Pierre Cléroux, l’inflation est sous contrôle et l’économie n’est pas en récession. Cette stabilité constitue une bonne nouvelle tant pour le marché de l’habitation que pour les entreprises souhaitant investir, puisqu’elle offre une meilleure prévisibilité des coûts d’emprunt et un environnement plus propice à la planification.
La consommation
À l’échelle nationale comme provinciale, Pierre Cléroux explique que la consommation deviendra le principal moteur de la croissance économique en 2026.
Les consommateurs disposent d’un bon niveau d’épargne, le marché du travail est solide et le Québec affiche le plus faible taux de chômage au pays : autant de facteurs qui témoignent d’une économie en bonne santé.
À cela s’ajoute la réalisation de grands projets gouvernementaux qui contribueront également à soutenir la croissance économique du pays.
Cela dit, cette croissance devrait demeurer modeste, principalement en raison de l’incertitude géopolitique et du bouleversement de l’ordre mondial.
Cette instabilité, appelée à perdurer, constitue désormais une réalité avec laquelle les entreprises doivent composer.
Celles-ci continueront par ailleurs de faire face à des pressions sur les coûts, notamment en raison de la hausse des prix des matières premières liée à l’imposition de tarifs par le gouvernement américain, d’un dollar canadien qui demeure faible et d’une pression sur les salaires qui excède la moyenne historique.
Isabelle Hudon a profité de l’occasion pour souligner la remarquable capacité de résilience des entrepreneurs, qui ont su redéfinir la notion de croissance en misant sur leur créativité, leur agilité et leur capacité d’adaptation.
La productivité comme levier
Les deux panélistes ont été clairs : les entreprises doivent dès maintenant prendre le virage de l’intelligence artificielle et de l’automatisation afin de demeurer compétitives.
Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et l’augmentation significative des départs à la retraite, il devient essentiel de repenser les façons de faire pour réduire la dépendance à la main-d’œuvre.
Cela passe notamment par des investissements dans les nouvelles technologies, la révision des processus opérationnels et la diversification des sources de revenus. Isabelle Hudon a tenu à rappeler que ces leviers sont accessibles à l’ensemble des entreprises, peu importe leur taille ou leur secteur d’activité.
Pour Pierre Cléroux, le lien est clair : améliorer sa productivité permet directement d’augmenter sa profitabilité. Une entreprise qui n’exploite pas pleinement son potentiel de productivité laisse de véritables opportunités financières sur la table.
Des opportunités
Au-delà des innovations technologiques et de l’intelligence artificielle, qui transforment en profondeur les modèles d’affaires, plusieurs opportunités concrètes s’offrent aux entreprises.
Le vieillissement de la population en est un exemple marquant : au Canada, près d’une entreprise sur cinq prévoit être fermée, transférée ou vendue au cours des cinq prochaines années.
Cette réalité ouvre la voie à des occasions stratégiques de croissance par acquisition pour les entrepreneurs.
Les panélistes ont toutefois rappelé l’importance d’une préparation rigoureuse en matière de transfert d’entreprise, un processus qui s’échelonne généralement sur une dizaine d’années pour être pleinement réussi.
Par ailleurs, les investissements gouvernementaux à venir constituent un autre levier de croissance important.
Qu’il s’agisse du renforcement des chaînes d’approvisionnement au Canada, de l’accélération de grands projets structurants ou du développement de nouveaux marchés, notamment dans le secteur de la défense, ces initiatives représentent des occasions d’affaires tangibles et immédiates pour les entreprises.
(Source : Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud)
