La Ville se rapproche des objectifs de la COP15
Boucherville poursuit ses efforts afin d’atteindre la cible de 30 % d’espaces naturels protégés d’ici 2030.
Parmi les plus récentes annonces figurent notamment l’obtention du statut officiel de réserve naturelle pour le secteur des Sureaux, ainsi que l’acquisition de plusieurs dizaines d’hectares dans le boisé Pierre-Dansereau à des fins de préservation.
Les objectifs fixés lors de la COP15 en matière de conservation de la biodiversité sont dans la mire de la Ville, qui multiplie les initiatives pour protéger ses milieux naturels.
Ces nouvelles aires protégées permettent de se rapprocher davantage de l’objectif de conservation de 30 % des espaces naturels fixé lors de la COP15.
Boucherville, bonne élève
Les plus récentes données de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), datant de 2024, indiquaient déjà que Boucherville comptait près de 23,8 % de milieux naturels protégés sur son territoire.
Cette proportion se répartissait entre 1 301 hectares de territoires protégés, soit 16,1 % du territoire, et 624,1 hectares de milieux conservés, soit 7,7 % supplémentaires.
Or, ces données remontent maintenant à près de deux ans. Depuis, les récentes initiatives de protection entreprises par la Ville laissent présager une hausse notable de cette proportion lors des prochaines mises à jour.
Une dynamique saluée par Massimo Lezzoni, directeur général de la CMM, lors d’une allocution à l’hôtel de ville. « À l’échelle métropolitaine, il faut reconnaître le leadership de Boucherville en matière de protection des milieux naturels. C’est un conseil qui est orienté vers la protection de l’environnement et la qualité de vie. »
Pour Guy Morin, président d’Environnement nature Boucherville, ces chiffres sont encourageants, mais doivent être nuancés. « Je sais qu’il y a un petit débat quant à l’inclusion du parc national des Îles-de-Boucherville dans ces données. »
Contactée à ce sujet, la Ville a indiqué au journal travailler actuellement à l’établissement de nouvelles données concernant la proportion de milieux naturels protégés et conservés sur son territoire, sans être en mesure de fournir des chiffres concrets pour le moment. « La Ville détient des données plus récentes, mais différentes de celles de la CMM, notamment en raison de la méthodologie utilisée. Nous sommes d’ailleurs en train d’analyser ces données afin de refléter le plus fidèlement possible la réalité de Boucherville », nous a indiqué le Service des communications.
Une question de financement
La volonté de préservation, que le maire Jean Martel confirme, s’accompagne également d’un enjeu financier important. « En ce qui concerne l’acquisition de terrains, le meilleur moment pour le faire, c’était il y a 15 ans. Le deuxième meilleur moment, c’est maintenant, souligne-t-il en entrevue. Plus le temps passe, plus les coûts augmentent et moins il reste d’espaces disponibles, parce que le territoire se développe. »
La protection des milieux naturels ne relève donc pas uniquement de la volonté politique, mais aussi de la capacité de financement. « Certaines zones sont assez dispendieuses au pied carré, ajoute Guy Morin. C’est pour ça que la Ville doit faire des montages financiers qui prennent du temps à se concrétiser, mais on les encourage dans ce sens. »
À ce titre, la dernière acquisition de 48,57 hectares dans le boisé Pierre-Dansereau a coûté près de 22,5 millions de dollars à la Ville, qui a pu compter sur plusieurs partenaires financiers, notamment Nature-Action Québec.
L’objectif 30 %
Adopté lors de la COP15 sur la biodiversité tenue à Montréal en décembre 2022, l’objectif dit du « 30×30 » constitue l’un des engagements environnementaux les plus ambitieux des dernières années.
Les États signataires se sont engagés à protéger, d’ici 2030, 30 % des terres et 30 % des océans de la planète afin de freiner l’effondrement de la biodiversité mondiale.
Un objectif ambitieux au regard de la pression exercée par l’urbanisation croissante, mais jugé nécessaire par de nombreux scientifiques et organismes. « Quand un territoire est développé résidentiellement, industriellement ou commercialement, il ne reste plus de nature, déclare Guy Morin. On ne peut pas revenir en arrière. À ce stade-ci, c’est une priorité de sauvegarder le peu d’espace vert qu’il nous reste. »
Au Québec, aucune obligation légale n’impose actuellement aux municipalités de protéger un pourcentage précis de leur territoire. Le gouvernement québécois s’est toutefois engagé à contribuer à l’atteinte de cette cible internationale.
Dans le grand Montréal, la CMM s’est également engagée à atteindre 30 % de milieux naturels conservés d’ici 2030. Cet objectif repose donc principalement sur la collaboration et les initiatives des municipalités du territoire.
Journée mondiale de l’environnement
À l’approche de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin prochain, ces initiatives de protection des milieux naturels rappellent l’importance croissante accordée à la conservation sur le territoire bouchervillois. « On souhaite rejoindre les objectifs de la COP15, souligne Jean Martel. Le 30 % me tient vraiment à cœur, tout comme la protection de la zone agricole. »
Une déclaration que confirme Guy Morin. « L’objectif, c’est de tendre vers les 30 %. Pour cela, la municipalité fait des efforts que nous encourageons fortement. » Ce dernier met toutefois en garde contre d’éventuels conflits d’usage à venir. « Il peut y avoir des intérêts divers entre la trame agricole, la trame résidentielle et les espaces naturels. »
