Nos amis à quatre pattes

Renards, ratons laveurs, cerfs et autres visiteurs à quatre pattes sont fréquemment visibles à Boucherville. Si cette proximité rappelle la richesse du milieu naturel qui entoure la ville, elle soulève aussi des questions.

Ces derniers temps, plusieurs Bouchervillois ont signalé la présence d’animaux sauvages dans les rues, aux abords des parcs, le long du fleuve Saint-Laurent et même au centre-ville.

Ce contact avec la faune rappelle à quel point une municipalité comme Boucherville peut représenter un milieu attrayant pour les animaux. Située à proximité des îles, entourée de nombreux parcs et boisés, la ville constitue un territoire propice aux déplacements d’animaux curieux et gourmands.

Mais comment réagir lors d’un contact avec la faune sauvage? Nous nous sommes entretenus avec Proanima afin de mieux comprendre les comportements à adopter. Entretien avec Michèle Senneville, cheffe d’équipe des intervenants de l’unité mobile chez Proanima.

Ce type de signalement est toujours plus élevé au printemps et à l’été, lorsque ces animaux sortent de leur hibernation. De plus, comme la plupart de ces espèces ont leur période de reproduction, il est normal d’en apercevoir davantage à partir du printemps, et ce, jusqu’à la fin de l’été.

Les gens ont également tendance à être davantage à l’extérieur lorsque le temps se réchauffe. Il va de soi qu’ils voient alors davantage d’animaux de la faune qui nous entoure, comparativement aux périodes plus froides.

Cependant, il n’y a pas d’augmentation significative qui s’est fait remarquer dans les dernières années.

Les appels les plus fréquents concernent les ratons, les moufettes et les écureuils.

La proximité des milieux naturels environnants peut-elle expliquer la présence de ces animaux en zone urbaine?

Assurément! Ces animaux se retrouvent davantage dans les milieux naturels, mais aussi plus que l’on aurait tendance à le croire dans les milieux urbains.

De plus, il faut aussi considérer qu’avec la construction de nouvelles infrastructures, il y a diminution de ces habitats naturels pour les animaux de la faune. Il est donc normal de les apercevoir davantage.

Les activités humaines contribuent de multiples manières à attirer ces animaux sur notre territoire. Nous conseillons souvent aux gens de sécuriser leurs bacs à vidanges et à compost. Par exemple, les ratons laveurs sont extrêmement agiles et peuvent facilement ouvrir un bac pour s’y régaler. Une fois qu’ils ont trouvé une source de nourriture, les chances qu’ils y retournent augmentent considérablement.

Avoir un accès facile à ces sources de nourriture peut être plus nuisible qu’on ne le pense. Cela réduit leur autonomie et les rend moins aptes à se débrouiller seuls. De plus, l’accès à la nourriture humaine les rapproche des gens et les rend moins craintifs, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle. Ces animaux doivent conserver leur instinct sauvage pour mieux survivre dans la nature.

Les jardins peuvent également attirer ces animaux. Nous recommandons donc aux gens de sécuriser leur jardin avec un grillage, par exemple.

L’idéal serait d’accepter cette cohabitation tout en prenant des mesures pour ne pas les attirer davantage. Leur présence est inévitable et naturelle. Cependant, il est essentiel d’éviter de chercher à entrer en contact avec eux en les attirant avec de la nourriture, par exemple. Un animal sauvage doit rester sauvage.

Évitez de nourrir les animaux, que ce soit intentionnellement ou non. Tenter de les approcher n’est jamais une bonne idée. L’animal peut subir un stress considérable et pourrait se sentir menacé, ce qui pourrait le pousser à se défendre, même si cela n’est qu’un dernier recours. Ces animaux sont généralement bien plus craintifs que les humains. 

Une morsure ou même une griffure nécessitera des soins médicaux. Si quelqu’un remarque un animal de la faune qui semble en détresse, il est important de garder une certaine distance. Même s’il semble blessé, malade ou orphelin, l’animal peut réagir par instinct de survie, en plus de vivre beaucoup de stress.

Nous conseillons donc aux gens de nous contacter pour qu’une évaluation de la situation soit effectuée et qu’une intervention soit envisagée, si nécessaire. 

Si la situation requiert de contacter un autre organisme, nous accompagnerons le citoyen dans cette démarche.

Le risque zéro n’existant pas, le mieux est de contacter Proanima lorsqu’il y a suspicion d’un animal blessé ou malade.

Pour les animaux domestiques, certaines précautions sont à discuter avec un vétérinaire afin d’éviter la transmission de certaines maladies.De plus, avoir un contrôle sur son animal évitera assurément que celui-ci s’aventure trop près d’un animal sauvage.

Nous faisons de la sensibilisation et conseillons les citoyens par rapport à la faune. Nous intervenons si besoin il y a.

Nous faisons d’abord une collecte d’informations au téléphone avec le citoyen. Si la situation nécessite un déplacement afin d’évaluer et possiblement de prendre en charge l’animal qui est en détresse, il y aura déplacement.

Il arrive que ce soit la Ville de Boucherville qui nous contacte afin de nous informer d’une situation préoccupante.

Dans certaines situations, comme lorsqu’il est question de cerfs de Virginie, de renards ou de coyotes, nous allons contacter le ministère de la Faune puisqu’il s’agit de l’autorité compétente qui se charge de ce type d’animal. Nous le contacterons aussi si l’animal présente des signes de maladie inquiétants.