La Ville annonce un financement pour la ligne 87
La Ville de Boucherville propose de financer à hauteur de 150 000 $ la remise en service de la ligne 87.
« On offre de mettre 150 000 $ pour maintenir le service une année de plus à raison de deux départs le matin », propose Jean Martel, le maire de Boucherville.
Cet investissement qui éviterait la suppression de la ligne 87 déjà annoncée par l’ARTM, permettrait d’examiner l’achalandage « en fonction de la nouvelle réalité du marché du travail », précise le premier magistrat de la ville.
La décision de mettre un terme au bus 87 qui relie Boucherville-Est au centre de ville de Montréal avait créé une incompréhension auprès des usagers.
Lors d’un récent entretien avec le maire de Boucherville, Jean Martel, celui-ci a indiqué au journal que la Ville
avait pris les devants en proposant ce financement pour la remise en place de cette ligne.
Une réponse du RTL et de l’ARTM sur la proposition de la Ville est attendue.
« On offre de mettre 150 000 $ pour maintenir le service une année de plus à raison de deux départs le matin. » – Jean Martel
Vers un retour de la ligne 87
Si cette somme est bel et bien mise sur la table, la Ville ne peut toutefois pas encore confirmer le retour de la ligne ni sa date de remise en service. « Le dossier est rendu à l’agglomération pour que l’argent soit transféré vers l’ARTM, nous explique Jean Martel, qui regrette la complexité du système. Nous n’avons pas eu de nouvelles du suivi, mais nous avons bon espoir que cela fonctionne. »
Contacté à ce sujet, le RTL indique qu’« une entente doit être conclue avec l’ARTM pour permettre à la Ville de Boucherville de financer les services du RTL. Cette démarche est actuellement en cours de traitement auprès des différentes parties prenantes, dont la Ville de Boucherville, l’agglomération de Longueuil et l’ARTM. À ce stade-ci, il est trop tôt pour que le RTL puisse confirmer un échéancier quant à l’éventuel retour partiel de la ligne 87, tel que souhaité par la Ville de Boucherville ».
Contacté à ce sujet par le journal, l’ARTM n’avait, au moment de la publication de cet article, pas donné suite à nos sollicitations.
Si l’offre est acceptée, ce ne serait pas la première fois que la Ville finance des services de transport en commun. « On met déjà de l’argent pour la 285, pour la gratuité des 65 ans et plus, pour la navette fluviale, rappelle le maire. Ce ne sera pas une première. »
À l’écoute des citoyens
Cette initiative de la Ville découle notamment des préoccupations exprimées par les citoyens lors d’une rencontre à l’hôtel de ville avec le RTL, organisée le 15 avril dernier. « C’est moi qui avais demandé aux représentants du RTL de présenter à la population les raisons et le contexte de leur décision », explique Jean Martel.
Lors de cette rencontre, à laquelle une trentaine de citoyens ont assisté, le RTL avait justifié la suppression de la ligne 87 par le faible achalandage, les données les plus récentes indiquant une moyenne de 12 usagers par départ. Le cadre financier du RTL, fixé par l’ARTM, étant de plus en plus serré, le réseau affirmait devoir restructurer son offre. « On a un cadre financier extrêmement serré et peu de leviers pour aller chercher du financement », regrettait ouvertement Nicolas Tanguay, directeur principal, stratégie, innovation et planification au RTL.
Devant cette justification, plusieurs citoyens ont critiqué le moment choisi pour abolir la ligne, soulignant qu’un retour progressif au travail en présentiel est en cours. L’idée de prolonger la ligne d’une année afin de recueillir des données plus représentatives avait alors été mise de l’avant. « On vient d’avoir le signal qu’il faut retourner en présentiel au travail, avait déclaré une citoyenne. Si l’on refait l’étude dans un an ou deux, je suis convaincue que l’achalandage va augmenter. »
Une proposition qui aurait été entendue par la Ville. « J’ai demandé au RTL combien cela pouvait coûter de maintenir le service une année de plus afin d’obtenir des données plus représentatives de la réalité du marché du travail », souligne Jean Martel.
Les citoyens avaient également mis en avant les différences d’achalandage selon les horaires, la ligne étant davantage utilisée le matin en direction de Montréal et beaucoup moins l’après-midi. Une spécificité également retenue par la Ville. « Les gens semblaient vouloir deux départs le matin, ils veulent arriver à l’heure au travail et ne voient pas d’inconvénient à être un peu en retard à la maison. »
En attendant une décision du RTL et de l’ARTM, l’avenir de la ligne 87 demeure incertain. Si la proposition de la Ville est acceptée, elle permettrait de tester, sur une période d’un an, la réelle demande pour ce service dans un contexte de retour progressif au présentiel.
Pour plusieurs citoyens, il s’agirait d’un signal important en faveur du maintien d’une offre de transport adaptée aux besoins actuels de la population.
