Les grands absents du dossier ferroviaire

Les résultats de la consultation sur la sécurité ferroviaire à Boucherville confirment l’importance du dossier pour les citoyens. Le rapport dévoile entre autres que 93 % des répondants estiment que le projet devrait être un enjeu important pour le gouvernement du Québec.

La Ville de Boucherville et son comité ferroviaire ont présenté, le 17 juin, les résultats d’une consultation publique menée auprès de 2 270 résidents sur les enjeux liés à la voie ferrée. Selon les données dévoilées, 85 % des répondants se disent préoccupés par le passage des trains, tandis que 88 % appuient les démarches de la Ville pour réaménager la voie ferrée. Si ces résultats ont permis de rappeler l’importance du dossier pour la population, la conférence a aussi mis en lumière l’absence de représentants de la CAQ et du Parti québécois.

Ces résultats surviennent alors que l’arrivée du terminal portuaire de Contrecœur, prévue en 2029, soulève des inquiétudes à Boucherville. Selon la Ville, ce projet entraînerait une hausse de la fréquence des trains et du transport de matières dangereuses sur la voie ferrée actuelle.

Les résultats

Plusieurs données du rapport viennent appuyer cette préoccupation. En bout de ligne, 72 % estiment que leurs déplacements seraient perturbés si un train s’immobilisait sur la voie ferrée, et 67 % croient que les services d’urgence pourraient être perturbés si un long convoi bloquait l’accès à leur secteur. Au total, 91 % des répondants considèrent que l’augmentation du trafic près du boulevard du Fort-Saint-Louis pourrait accroître les risques d’accident. En cas d’accident ferroviaire à Boucherville, 74 % des répondants affirment qu’ils se sentiraient en danger dans leur résidence.

Malgré l’importance accordée au dossier par les citoyens, l’absence de représentants de la CAQ et du Parti québécois a été remarquée lors de la conférence. Le maire Jean Martel a soutenu que les partis et les élus concernés avaient été invités à assister à la présentation des résultats. « On les a tous invités », a-t-il affirmé en entrevue.

M. Martel estime que les résultats de la consultation envoient un message clair aux formations politiques. « Qu’ils le veuillent ou non, c’est un enjeu », a-t-il déclaré. Selon lui, les chiffres présentés démontrent également que le dossier dépasse le cadre municipal et qu’il doit être pris en considération par les futurs candidats aux élections provinciales de l’automne prochain.

Leur réponse

La députée de Montarville, Nathalie Roy, a signalé à la Ville que son absence était due à un conflit d’horaire. Dans une réponse transmise au journal, son bureau indique qu’il était « impossible d’y être » pour cette raison et que les responsables avaient été invités à lui transmettre les rapports afin qu’elle puisse en prendre connaissance. Concernant les résultats de la consultation, son bureau affirme que Mme Roy « ne peut qu’être en accord avec les citoyennes et citoyens de Boucherville » et qu’elle portera leur voix « auprès des instances concernées ».

Benjamin Lessard, président du conseil exécutif du Parti québécois de Montarville, n’avait aucun commentaire relativement à son absence. Il déclare au téléphone ne pas avoir eu conscience d’une invitation formelle. Le maire Martel confirme qu’une invitation formelle a été lancée au président du conseil exécutif du Parti québécois de Montarville.

Le Parti québécois régional soutient toutefois que cette absence ne traduisait pas un manque d’intérêt pour le dossier. Dans une réponse transmise au journal, Daniel Michelin, président régional du Parti québécois dans le Grand-Longueuil, affirme que le parti « n’avait aucune intention de bouder cette conférence de presse ni l’important enjeu de la voie ferroviaire à Boucherville ».