Les trains inquiètent à Boucherville
Le comité ferroviaire de Boucherville a tenu sa première rencontre pour prendre conscience des résultats de la consultation publique sur les enjeux liés à la voie ferrée. Il s’inquiète du projet de terminal portuaire du Port de Montréal à Contrecœur d’ici 2029.
Un texte de Louis Alexandre Voghell
redaction@journaldeboucherville.com
Le projet d’extension du Port de Montréal à Contrecœur sème plusieurs inquiétudes chez les Bouchervillois. De nombreuses questions quant à la sécurité des citoyens doivent être soulevées. Parmi les enjeux analysés par le comité figure l’accès au secteur Marie-Victorin pour les services d’urgence en cas de passage d’un train. La conseillère municipale et présidente du comité ferroviaire, Isabelle Bleau, partage ces inquiétudes. » Des trains de 5 km pourraient couper la ville en deux pendant 15 minutes et empêcher les premiers répondants de passer « , explique-t-elle.
Les casernes 11 et 12 à Boucherville sont situées de l’autre côté du chemin de fer. Les pompiers ne pourraient pas avoir accès directement au secteur en cas d’incendie ou d’un besoin d’intervention sur l’eau. Un trajet de 2,1 km à partir de la caserne 11 se transforme en détour de 6,6 km pour accéder au Club nautique, par exemple, si les passages à niveau sont obstrués.
Le représentant du Service de sécurité incendie de l’agglomération de Longueuil (SSIAL), Martin Girard, explique qu’il n’y a pas de protocole particulier lorsqu’un train bloque un passage à niveau pour le moment. À Boucherville, la solution est parfois d’attendre ou de prendre un long détour par la route 132, ce qui ralentit le temps de réponse. M. Girard affirme que le transport ferroviaire n’est pas un problème pour l’instant, mais qu’une augmentation exponentielle de la quantité de trains pourrait accentuer leur implication dans le dossier. Leurs inquiétudes ne se limitent pas seulement à l’accès de certains secteurs, mais également au transport de matières dangereuses près des zones résidentielles.
Chaque seconde compte
En situation d’urgence, quelques minutes de délai peuvent faire une différence importante. Même si le gouvernement canadien interdit à un train de s’immobiliser sur un passage à niveau public plus de cinq minutes, il n’existe aucune restriction concernant les trains en mouvement.
Avec le nouveau rapport du SSIAL, publié le 30 avril dernier, la Ville de Boucherville se classe au sommet de l’agglomération pour les interventions survenues sur l’eau en raison de la quantité importante de plaisanciers sur le fleuve, près des Îles-de-Boucherville.
La Ville avait lancé un projet d’étude pour un réaménagement de la voie ferrée afin d’éviter ce genre de situation. Des tracés qui ont été proposés passent près de l’autoroute 30 et évitent complètement Boucherville. Mme Isabelle Bleau affirme que la Municipalité continue d’être proactive dans ce dossier pour protéger les citoyens.
