Un Bouchervillois parmi l’élite mondiale du karting
En seulement trois ans de karting compétitif, le Bouchervillois Sébastien Bernier a représenté le Canada au Championnat mondial Rotax, à Bahreïn.
Contremaître de profession, Sébastien Bernier fait figure d’ovni dans le monde du karting. Ce Bouchervillois de 37 ans a commencé la compétition il y a à peine trois ans.
Pourtant, du 29 novembre au 6 décembre 2025, ce pilote de talent, qui affirme pratiquer le karting » pour le plaisir « , a représenté les couleurs du Canada au prestigieux Championnat mondial Rotax, l’une des plus grandes compétitions internationales de la discipline, où s’affrontent les meilleurs pilotes du monde.
En seulement trois ans, ce père de famille est ainsi parvenu à se hisser parmi les plus hauts niveaux du karting, partageant la piste avec l’élite mondiale.
Entretien avec le pilote.
« Si je m’inscris, c’est pour gagner. »
– Stéphane Bernier
Comment avez-vous découvert le karting et à quel moment avez-vous décidé d’en faire sérieusement?
J’ai commencé le karting pour le plaisir quand j’avais sept ou huit ans. J’y allais avec mon père ou mes amis sur des pistes autour de Saint-Hilaire et de Montréal, autant en intérieur qu’en extérieur.
En grandissant, je faisais toujours une course de kart pour ma fête et, il y a quelques années, quand j’ai eu 31 ans, ma blonde a décidé de me donner un peu de défi.
Elle a contacté un professionnel avec qui j’ai pu rouler. On a couru ensemble, on s’est battus tout le long et, à la fin, il m’a dit que j’avais du talent et que je devrais m’acheter un kart. À cause de lui, on peut dire ça, j’ai décidé de m’acheter ma propre machine et d’y aller plus sérieusement. C’était en 2021 et, en 2022, j’ai fait ma première saison en karting.
Quel a été votre cheminement jusqu’à la compétition de haut niveau?
Dès que j’ai acheté ma machine, j’ai commencé la compétition. Ma première vraie saison complète dans ma catégorie, j’ai gagné le championnat.
Après ça, j’ai changé de catégorie pour aller dans celle où j’ai justement compétitionné au championnat mondial et dans laquelle je cours depuis trois ans. La catégorie s’appelle DD2, pour Direct Drive 2, une machine à deux vitesses. Je suis également en Master, la catégorie pour les 32 ans et plus.
Faites-vous cela à temps plein?
Oh, non! C’est une passion. Mon emploi, c’est contremaître. Le karting, je fais ça pour le plaisir. De façon compétitive, mais pour le plaisir quand même.
Comment vous êtes-vous qualifié pour représenter le Canada au Championnat mondial Rotax?
Chaque année, on peut gagner des billets pour se rendre au championnat mondial. Il faut gagner le championnat canadien dans notre catégorie pour se qualifier.
Au Canada, il y avait deux billets disponibles : un via les courses dans l’Ouest canadien et un autre dans l’Est canadien, à Saint-Hilaire. C’est moi qui ai gagné la course, qui se déroulait sur cinq jours. J’ai donc pu aller au championnat du monde.
Comment finance-t-on et prépare-t-on une saison de karting à ce niveau?
Le karting, c’est un sport qui coûte cher. C’est notamment pour ça que je n’en faisais pas en compétition quand j’étais jeune. C’est une passion dispendieuse et j’essaie de doser mon budget en conséquence.
Une saison, sans compter le kart, peut tourner autour de 20 000 $. Au championnat mondial, le kart est fourni et l’inscription aussi, mais je dois payer mon billet d’avion, l’hôtel, la nourriture et les déplacements, pour moi et mon mécanicien.
Comment se déroule concrètement un championnat mondial comme celui de Bahreïn?
Sur place, ça s’est super bien passé. C’était impressionnant! C’est vraiment beau et très professionnel. Au début, j’ai dû m’adapter à la piste et à mon nouveau kart. C’est la même catégorie, mais ce n’est pas la même marque que le mien.
La compétition se déroulait sur six jours. Il y avait trois jours de pratique, avec deux sessions par jour. Ensuite, il y a eu les qualifications, la préfinale et la finale. J’ai terminé 23e au total sur 36 pilotes.
Êtes-vous satisfait de votre performance personnelle?
Oui, mais j’ai eu un problème. Le poids, c’est hyper important en karting. On est pesés après chaque sortie et il faut absolument atteindre 180 kilos (pilote et kart inclus). Il y a eu une sortie qui a été décalée et je n’ai pas fait mon poids. Je suis arrivé à la balance à 179,9 kg. Même si j’avais terminé 14e sur 36, ils m’ont relégué dernier.
Ça m’a fait perdre des chances au championnat. C’est un système de pointage. Après ça, à toutes les courses, je devais partir de loin et essayer de remonter.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué sur place?
Rouler avec des gens qui font ça de leur vie. Je suis arrivé avec du monde qui pratique le karting depuis qu’ils sont tout petits, c’est quand même spécial. Les gars devant sont payés pour rouler, ils donnent des cours, c’est leur travail. Il y avait aussi un ancien pilote de Formule 1, c’est quelque chose d’assez unique et impressionnant. Et la qualité de la piste m’a aussi vraiment marqué.
Comment voyez-vous la suite pour 2026?
En 2026, je vais regarder les courses pour la Coupe de Montréal et le championnat canadien. J’attends de voir si ça peut se coordonner avec mon horaire, parce que, comme je dis, c’est un loisir, j’ai un travail, une famille, des enfants. Je vais donc voir si je peux compétitionner à nouveau. Si je m’inscris, c’est pour gagner.
Vous vous entraînez combien de temps par semaine?
Au moins une ou deux fois par semaine, sur des plages de trois à quatre heures. La plupart du temps sur la piste de Saint-Hilaire. Parfois, je vais sur d’autres pistes au Québec, à Tremblant, à Mirabel ou à Trois-Rivières.
