Un défi rassembleur
Éric Therrien a relevé un imposant défi de course entre Boucherville et La Minerve en hommage à son père. Son initiative a mobilisé de nombreux citoyens et permis d’amasser environ 15 000 $ pour ÉKIP Jeunesse.
Entouré d’une cinquantaine de personnes au départ dans le vieux Boucherville, Éric Therrien s’est lancé dans un défi de 205 kilomètres à la mémoire de son père, Adrien. Pendant 28 heures, le coureur a été accompagné et encouragé par des proches, des citoyens et des élus réunis autour de sa démarche caritative.
Le départ de Boucherville
Avant même de s’élancer, Éric Therrien vit un premier moment chargé d’émotion. En se rendant seul au point de départ, vers 7 h, il marche dans la rue Sainte-Marguerite, où son père et lui ont tous les deux vécu. « J’ai pensé intensément à mon père, C’était, très émotif », raconte-t-il.
Une cinquantaine de personnes l’attendent devant la maison construite par son père. Parmi la foule se trouvent des amis, des proches et d’anciens voisins qu’il n’avait pas vus depuis des dizaines d’années. « J’avais presque les larmes aux yeux, je ne pouvais pas m’attendre à ce que les gens embarquent autant dans un projet qui, à la base, était personnel », confie-t-il. La présence du maire Jean Martel et de cinq conseillers municipaux le marque tout particulièrement. « Ça a été toute une surprise », souligne-t-il.
Le groupe amorce le parcours en marchant dans la rue Sainte-Marguerite, où le père d’Éric Therrien a habité. Le coureur profite de ce moment pour raconter quelques souvenirs aux personnes présentes. Une fois le groupe arrivé près du fleuve, une vingtaine de participants commencent à courir à ses côtés. « Je voulais inclure les gens dans cette démarche-là », explique-t-il. Certains quittent progressivement le groupe à différentes étapes du parcours, alors que d’autres se joignent à lui plus loin sur le parcours.
Avant le départ, Éric Therrien prend également la parole pour expliquer la place occupée par son père dans sa vie. L’évocation de son nom devant la cinquantaine de personnes réunies ravive aussitôt ses émotions. » J’ai clairement eu des trémolos dans la gorge. C’est lui qui a fait que je suis devenu la personne que je suis « , confie-t-il. Pour le coureur, le défi représente avant tout une façon de souligner la vie de son père et de prolonger sa mémoire.
Les difficultés n’ont pas tardé à se présenter, la chaleur à Montréal et Laval se sont présentés en premier. « Un des plus grands défis, ça a été la chaleur à surmonter », raconte-t-il. L’épreuve devient ensuite principalement mentale alors qu’il tente de conserver un rythme constant malgré la fatigue. « Il y a eu beaucoup de hauts et de bas sur 28 heures, mais plus de hauts que de bas », souligne-t-il. Dans les moments plus difficiles, les encouragements de ceux qui l’accompagnent lui permettent de retrouver son rythme. « Après 15 ou 30 minutes, le mental reprenait le dessus. »
170 kilomètres d’effort
Après 28 heures d’effort, Éric Therrien atteint Labelle, à environ 170 kilomètres de son point de départ. La fatigue accumulée dans ses jambes l’empêche alors de maintenir la course. « Je n’avais pas de douleur particulière, mais plutôt une fatigue générale dans les jambes. Je pouvais marcher, mais je n’étais plus capable de courir », explique-t-il. Devant cette situation, il doit déterminer s’il poursuit le parcours à pied ou s’il met fin à son défi « J’aurais pu continuer mais je serais arrivé à 21h. » explique-t-il. Après une réflexion difficile, il décide de mettre fin à son parcours impressionnant et se rend directement à la minerve où il a été accueilli chaleureusement.
La suite
Après avoir constaté la mobilisation suscitée par son défi, Éric Therrien souhaite prendre du recul avant de décider si l’événement pourrait devenir un rendez-vous récurrent. « Je ne suis pas allé au bout de cette réflexion-là », reconnaît-il. L’expérience pourrait néanmoins l’inciter à organiser une autre initiative semblable. « Ce n’est pas impossible que je le refasse », conclut-il.
