Un luthier bouchervillois rayonne à l’étranger

Les guitares Morifone ont permis à Renaud Buffoni de se faire remarquer à l’international. Dans son atelier de Boucherville, le luthier mise sur l’innovation et le travail manuel pour créer des instruments uniques.

Dans son atelier de Boucherville, Renaud Buffoni façonne à la main les guitares Morifone et fait vivre l’entreprise qui lui a permis de se faire remarquer bien au-delà du Québec. Derrière chaque guitare, le luthier adopte une approche artisanale avec une importante attention au détail.

Une percée mondiale

Cette reconnaissance est venue immédiatement, dès le lancement de ses guitares. Morifone a attiré l’attention de médias spécialisés en guitares à travers le monde. Pour Renaud Buffoni, ce moment a marqué un tournant important dans l’histoire de l’entreprise. « Le matin, personne sur la planète Terre ne connaissait Morifone. À 2 h 30 de l’après-midi, je faisais la première page de tous les grands magazines », raconte-t-il.

L’aileron Morifone

Derrière ce succès se cache un travail d’imagination autour de la tête de guitare en forme d’aileron. C’est cette tête 3D brevetée qui distingue les guitares Morifone des modèles traditionnels. « Dans le monde de la guitare électrique, ça fait 70 ans qu’il n’y a pas grand-chose de nouveau qui est arrivé », raconte le luthier. À la base, l’idée de l’aileron lui est venue pour répondre à un problème dans le monde de la guitare électrique. « Quand on dépose une guitare, le contact entre la surface et les clés de la guitare la désaccorde », explique-t-il.

Renaud Buffoni explique que cette innovation n’a pas seulement une différence esthétique, mais qu’elle influence également la résonance de l’instrument. « Quand j’ai inventé l’aileron, je ne savais pas que ça allait avoir une influence sur le son », affirme-t-il. Selon lui, cette conception permet à la guitare de résonner plus longtemps, tout en donnant au son une attaque légèrement différente dès les premières notes.

Au-delà de l’aileron, la fabrication des guitares Morifone repose sur un travail manuel minutieux, où chaque étape demande précision et patience. Dans son atelier, Renaud Buffoni part du bois brut avant de façonner progressivement ses instruments à l’aide de moules. « Faire des guitares, c’est vraiment quelque chose qui ressemble à de la cuisine, ça prend des moules! », illustre-t-il.

Une passion née tôt

Sa passion pour la guitare remonte à l’enfance. Dès lors, Renaud Buffoni s’intéresse à la confection d’instruments, au point d’en fabriquer lui-même. « À huit ans, j’avais mon usine à guitares en papier construction », raconte-t-il. Ce jeu passe-temps a fini par prendre une place beaucoup plus sérieuse dans sa vie, jusqu’à devenir le point de départ de son parcours de luthier.

Avec le temps, cette fascination s’est transformée en véritable apprentissage. Avant de développer ses propres modèles, Renaud Buffoni a commencé par fabriquer des répliques de guitares mythiques, notamment des instruments qu’il n’aurait pas pu s’offrir autrement. « C’était ma façon de pouvoir posséder une guitare inaccessible », explique-t-il. Ses premiers essais lui ont permis de comprendre les détails de fabrication et de développer peu à peu l’identité qui allait mener à Morifone.

Pour la suite, Renaud Buffoni souhaite continuer à développer Morifone autour de créations originales, capables de se distinguer dans un marché dominé par de grandes marques. Il reconnaît ne pas avoir les mêmes ressources que les grands noms, ce pourquoi il mise sur l’innovation et sa capacité à créer des instruments uniques. « En fin de compte, je crée mon propre marché », résume-t-il.