Un service qui rend service
L’Association des Amputés de guerre a entamé, la semaine dernière en Montérégie, le 80e envoi annuel de ses plaques porte-clés. Un service qui rend service même à Boucherville.
En 2018, c’était le 100e anniversaire de l’Association des Amputés de guerre. Créé après la Première Guerre mondiale, l’organisme a eu l’idée de financer son activité il y a 80 ans en proposant à ses donateurs ses plaques porte-clés.
Jonathan Daigle, un résident de Boucherville qui célèbrera dans un mois ses 18 ans, est né avec une malformation de la jambe gauche. Il connaît, depuis son enfance, le programme « Les Vainqueurs » et y a toujours adhéré. « Il y aurait beaucoup à dire sur les bienfaits que ce programme a donnés à Jonathan. Cela lui a apporté une aide immense dans sa jeunesse. Il assistait à des séminaires qui lui permettaient de rencontrer des personnes avec des situations similaires. Jusqu’à ses 13 ans, il a pu bénéficier de prothèses pour faire de la natation ou encore du tricycle », d’indiquer Sylvain Daigle, son papa.
Aujourd’hui, le jeune homme est l’un des meilleurs joueurs de parahockey au Canada. Alors qu’il n’a pas 18 ans, il est déjà une figure marquante de l’équipe canadienne dans cette discipline. « Les Amputés de guerre m’ont payé une luge, il y a deux ans, pour que je puisse continuer à performer dans mon sport. C’est aussi plus jeune, lorsque je participais aux séminaires de l’organisme, que j’ai rencontré Anton Jacobs-Webb. Il a exactement le même handicap que moi. C’était comme un mentor pour moi dans les séminaires. Il jouait déjà au parahockey. Il m’a beaucoup inspiré. J’ai commencé à jouer un peu grâce à lui. Aujourd’hui, il fait partie de l’équipe canadienne qui est à Milan pour les Jeux paralympiques. Moi, je suis réserviste, mais je suis encore jeune », d’indiquer au journal Jonathan.
Les séminaires de l’Association lui ont permis non seulement de faire des rencontres inspirantes et amicales, mais aussi de voir qu’il n’est pas seul. « Mon premier séminaire, je l’ai fait lorsque j’avais deux ans. C’est nice, parce que tu rencontres des personnes comme toi, puis cela permet aux parents de se rencontrer entre eux. Ça les rassure. Ils peuvent voir qu’il y a plein de possibilités pour leur enfant dans la vie malgré son handicap. »
Financé par un service rendu
Le Service des plaques porte-clés, qui en est à sa 80e année d’existence, a été fondé en 1946 par des anciens combattants amputés. Offert gratuitement partout au pays, il permet de retourner les clés perdues à leurs propriétaires tout en générant des fonds pour les divers programmes de l’Association, notamment « Les Vainqueurs ». À ce jour, ce service a retourné plus de 1,5 million de trousseaux de clés perdus aux membres donateurs et continue de procurer de l’emploi à des personnes amputées ou vivant avec d’autres handicaps. « Chaque année, ce sont entre 10 000 et 15 000 trousseaux de clés qui sont envoyés gratuitement à nos donateurs de cette manière, d’indiquer Louis Bourassa, directeur du programme »Les Vainqueurs ». Depuis les années 70, l’Association est restée telle qu’on la connaît aujourd’hui. »
Au total, cette année, ce sont près de 7 millions de plaques porte-clés qui ont été envoyées par paires aux donateurs. « Lorsque nos donateurs déménagent, il est important qu’ils nous contactent afin que nous mettions à jour leur fiche. C’est notre seule source de financement », d’ajouter le directeur du programme.
Chaque plaque porte-clés est munie d’un numéro à code confidentiel unique. Si vous perdez votre trousseau de clés, la personne qui le trouvera n’aura qu’à composer le numéro de téléphone sans frais qui figure au dos de la plaque ou à le déposer dans une boîte aux lettres, et il vous sera expédié gratuitement par service de messagerie.
Plus cher
Les prothèses, déjà onéreuses, n’échappent pas à la hausse des prix dernièrement. « Un membre artificiel, c’est cher. On peut recevoir une couverture de la RAMQ pour certaines prothèses. Une couverture différente sera appliquée dans une autre province et pourtant, peu importe la province, une personne amputée a besoin d’une prothèse. Nous aimerions voir une harmonisation de la législation. Il faut savoir que pour un enfant, il faut quasiment changer de prothèse comme on change de chaussures avec la croissance. Il faut savoir que lorsqu’il nous faut une prothèse à la hanche, ce qui coûte plus cher qu’un membre artificiel, le gouvernement en défraiera le coût », de préciser M. Bourassa.
L’Association
L’Association des Amputés de guerre ne reçoit aucune subvention gouvernementale. Ses programmes existent grâce au soutien du public envers le Service des plaques porte-clés. Pour en savoir plus ou pour commander des plaques porte-clés, visitez le amputesdeguerre.ca ou composez le 1 800 250-3030.
