Vote de grève à l’unanimité à Métaux Russel à Boucherville

Les employés de l’entreprise Métaux Russel à Boucherville se sont dotés d’un mandat de grève générale illimité à déclencher au moment jugé opportun. Un mouvement de grève qui pourrait se déclencher en pleine guerre tarifaire avec les États-Unis. 

Les métallos de l’entreprise de Boucherville exigent un rattrapage salarial pour rattraper l’inflation.

Dans cet objectif, c’est à l’unanimité que la trentaine de travailleurs de l’entreprise Métaux Russell à Boucherville se sont dotés d’un mandat de grève générale illimitée à déclencher au moment jugé opportun. Dans un vote séparé, ces membres avaient auparavant rejeté la proposition de convention collective de l’employeur, à 100 % également.

« L’employeur refuse de reconnaître à leur juste valeur les travailleurs de ce centre de distribution et de transformation de l’acier de Boucherville. La dernière convention collective avait été signée en 2021, tout juste avant la vague de flambée de l’inflation. Il y a un rattrapage salarial important à faire et la compagnie doit cesser de se mettre la tête dans le sable », fait valoir le représentant syndical des Métallos, Steve Galibois.

Selon le syndicat, l’employeur favoriserait les avancées salariales « sur les travailleurs ayant moins de trois ans d’ancienneté pour faciliter l’embauche de personnel, sans investir dans la rétention des travailleurs plus expérimentés ». 

Tarifs douaniers 

« Précisons que l’entreprise fonctionne à plein rendement et ne semble pas affectée par les tarifs états-uniens à ce jour », de préciser le syndicat. 

Métaux Russel, à Boucherville, c’est la fabrication de 3 000 articles en aluminium et en acier. Les 10 et 11 février derniers, le président Trump a signé deux décrets qui, ensemble, entraîneraient l’imposition de tarifs de 25 % sur les importations aux États-Unis de produits en acier et en aluminium bruts, semi-transformés et dérivés en provenance de n’importe quel pays, y compris le Canada. Ces nouveaux tarifs sont entrés en vigueur le 12 mars dernier.

Cependant, le syndicat affilié FTQ, indique que la compagnie a eu l’occasion depuis 2021 « d’augmenter ses prix et e faire davantage de profits, les travailleurs doivent aller chercher leur juste part. »

Demain, jeudi 3 septembre, les négociations reprendront avec l’employeur. 

Contacté par le journal, Gérald Chatelain, le directeur général de l’entreprise bouchervilloise, ne pouvait émettre aucun commentaire ni sur l’effet des contre-tarifs sur son entreprise ni sur le mouvement de grève annoncé.