Des arbitres de passage
Les associations sportives de Boucherville et de la Rive-Sud continuent de recruter de nouveaux arbitres chaque année, mais plusieurs quittent rapidement leurs fonctions. Les comportements déplacés de certains spectateurs, le jeune âge des officiels et les défis liés à leur encadrement figurent parmi les multiples causes de cette pénurie.
La pénurie d’arbitres est devenue une préoccupation grandissante dans le sport amateur. Dans une étude publiée par le Pôle sports de HEC Montréal en collaboration avec Hockey Québec, les chercheurs soulignent que plusieurs organisations éprouvent des difficultés à recruter et surtout à retenir leurs officiels. Parmi les facteurs identifiés figurent notamment les comportements irrespectueux à l’égard des arbitres, particulièrement chez les plus jeunes, qui représentent une grande partie de la relève.
Un roulement qui inquiète
Cette réalité se reflète également à l’échelle locale. Sur la Rive-Sud, 125 arbitres de baseball ont quitté leurs fonctions l’an dernier. Bien que ces départs aient été compensés par le recrutement de 150 nouveaux arbitres, ce roulement demeure un défi pour les organisations sportives. Devant constamment intégrer et former de nouveaux officiels, les associations se retrouvent avec un grand nombre d’arbitres encore en apprentissage. Denis Labonté, responsable des arbitres de baseball de la région Rive-Sud, estime que la situation » n’est pas nécessairement la catastrophe, mais ça peut être inquiétant ». Plusieurs facteurs expliquent le départ des arbitres, et les commentaires provenant des estrades figurent parmi les préoccupations soulevées par les responsables rencontrés. Au soccer, Vincent Labonté reconnaît que des cas de violence verbale ont déjà été rapportés au Club de soccer de Boucherville. « Parfois, dans un environnement où il y a un peu plus de compétition, ça peut survenir que l’on soit témoin de propos inappropriés de la part des spectateurs envers l’arbitre », explique-t-il.
Des départs en cours de saison
Pour certains jeunes officiels, ces situations peuvent mener à un abandon de l’arbitrage. Yazid Djerfaf, responsable des arbitres au Club de soccer de Boucherville, affirme avoir vu plusieurs arbitres quitter leurs fonctions en cours de saison après avoir vécu des expériences négatives sur le terrain. « J’ai eu des arbitres qui, en plein milieu de la saison, m’ont dit qu’ils n’aimaient plus ça. D’autres ont vécu certaines situations et je n’ai tout simplement plus eu de nouvelles par la suite », raconte-t-il. Selon lui, la pression exercée par certains parents et entraîneurs représente un défi grandissant pour les officiels du soccer amateur. « Ce n’est pas agréable d’aller sur le terrain et de se faire crier après par des personnes qui ne maîtrisent pas nécessairement les lois du jeu ou qui viennent simplement y décharger leur frustration.» ajoute-t-il.
Des officiels en apprentissage
Pour Denis Labonté, responsable des arbitres de baseball de la région Rive-Sud, ces commentaires peuvent avoir une incidence particulièrement importante, puisque plusieurs officiels sont encore au début de leur parcours. Il estime que certains spectateurs oublient parfois qu’ils s’adressent à des adolescents qui apprennent, eux aussi, leur rôle sur le terrain. « Les parents comprennent que leurs enfants sont en développement. Il faudrait aussi reconnaître que les arbitres sont, eux aussi, en apprentissage », souligne-t-il.
