Les Réflexes de survie du club de gymnastique de Boucherville

Le Club de gymnastique Les Réflexes a lancé une pétition pour réclamer à la Ville de lui offrir une structure adéquate pour la pratique de son sport. 

L’organisation sportive, qui existe depuis plus de cinq décennies, revendique au moins 900 inscriptions chaque année. Ce qui en fait la deuxième en nombre, dans ce domaine à Boucherville.

Actuellement logé dans les locaux de l’école secondaire de Mortagne, l’organisme demande, depuis plus de dix ans, plus d’espace à la Ville. « Nous avons un gymnase de 6 882 pieds carrés, alors que des clubs comparables au nôtre, comme à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Chambly ou encore à Varennes, évoluent dans des espaces de plus de 20 000 pieds carrés. On n’a même pas de vestiaire, une salle de bain pour 900 membres, pas de salle de rencontre pour les entraîneurs, pas d’air climatisé… », énumèrent, comme problèmes, Anick Danis, directrice générale du Club, et Ann-Julie Tremblay, présidente du conseil d’administration. Cet été, l’organisation sportive a dû annuler des journées de camp de jour programmées en raison de la chaleur qui régnait dans le gymnase. Le Club Les Réflexes attend, depuis dix ans, d’être relocalisé dans un gymnase répondant aux normes actuelles et capable de soutenir sa croissance d’activités. 

Plus de mille signatures 

C’est dans cet objectif que les membres du Club Les Réflexes ont lancé, le 1er octobre, une pétition qui comptabilisait, au moment de la publication de l’article, 1043 signatures sur un objectif de 1500.

Sous le titre « Appuyons la relocalisation et l’expansion », l’organisme pointe du doigt la Ville, indiquant qu’il n’y aurait pas de place pour lui dans le projet de centre multisport – phase 3A, qui devrait ouvrir ses portes en janvier 2027. « Notre club a été repoussé dans une phase 3B de ce projet qui n’est pas programmée par la Ville », nous explique-t-on

L’organisation sportive indique manquer de place dans ses locaux actuels « pour accueillir toutes les familles souhaitant inscrire leurs enfants, pour développer nos activités et organiser des compétitions et événements; pour assurer la progression et l’épanouissement des jeunes gymnastes de Boucherville; pour diversifier notre offre de services afin d’accueillir d’autres clientèles, notamment les aînés. Et tout cela pour desservir une population essentiellement de Boucherville, car nos membres habitent à 80 % à Boucherville ».

Une promesse

Pour la directrice générale du Club, « malgré des engagements répétés, aucune solution concrète n’a encore vu le jour. La gymnastique ne figure même pas dans le Plan de développement durable 2022-2031, présenté le 15 septembre dernier par le maire ». 

Mme Danis regrette que, pendant ce temps, « de nombreux autres sports – en majorité masculins (hockey, soccer, baseball, football) – bénéficient d’installations modernes et d’investissements publics importants ».

Elle prétend que, par manque de place, de nombreuses inscriptions doivent être refusées chaque année dans son club. 

« Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle construction dans dix ans. Un endroit de 20 000 pieds carrés avec un minimum d’installation à l’intérieur nous suffira. Nous n’avons pas besoin de grosses infrastructures pour nous installer. La Ville est ouverte à ce que l’on trouve une autre solution en cherchant ce local et en lui proposant. Mais le temps de trouver le local, de soumettre la proposition à la Ville pour qu’elle étudie la chose et qu’elle rende sa décision, le local a de fortes chances de ne plus être disponible. Au printemps, nous avions trouvé un endroit de 20 000 pieds carrés parfait, mais la Ville nous avait indiqué qu’aucune décision ne serait prise avant les élections municipales. Aujourd’hui, cet espace n’est plus disponible. Nous sommes ouvertes à travailler fort sur le projet, mais on a besoin d’engagements de la Ville », précise Mme Tremblay. 

Pas à court terme

Contacté par le journal, Roger Maisonneuve, directeur général de la Ville, est bien conscient du problème. « Je peux confirmer que le club de gymnastique attend son tour depuis dix ans, car lorsque je suis arrivé en poste, une demande était sur mon bureau. Le soccer aussi a attendu longtemps avant d’envisager les nouvelles installations du complexe multisport. On doit aussi trouver une solution au club de karaté, de pickleball, au basket et il y en a d’autres. Il n’y a pas que Les Réflexes qui sont dans cette situation. »

M. Maisonneuve rappelle qu’une solution avait été prévue dans la construction du complexe multisport pour la gymnastique, mais que les coûts de construction ont obligé la Ville à scinder le dossier en deux, mettant le projet de gymnase dans une deuxième phase. « Les plans sont faits. Les terrains sont prêts à recevoir cette deuxième étape de la troisième phase du complexe multisport, mais pas à court terme. Il est à prévoir, pour cette deuxième étape, un investissement de 20 à 30 millions. En attendant, nous avons réussi, avec une très belle collaboration de la part des services scolaires, à prolonger le bail de location pour Les Réflexes dans les locaux de l’école. Un coût que la Ville assume jusqu’en 2031. Il n’y a pas d’urgence en la matière. Nous envisageons environ trois ans pour trouver une solution pérenne, mais à court terme, il n’y a pas de solution », indique clairement M. Maisonneuve. Ce dernier rappelle qu’il y a quelques années, l’ancien local de Cache-à-l’eau fermait. « Nous avons regardé s’il y avait une possibilité de location pour le Club, mais les coûts étaient trop élevés, même pour Les Réflexes. À l’époque, le Club demandait à la Ville un appui de 20 à 25 %, le reste était assumé par le Club. À la fin des discussions, Les Réflexes n’ont pas pu monter un plan d’affaires. Donc, le projet ne s’est pas fait. »

Selon M. Maisonneuve, à ce jour, le Club n’a pas remis de plan d’affaires indiquant sa situation aujourd’hui. « Moi, j’attends toujours », précise-t-il, lui qui est l’interlocuteur du Club. Des documents ont été remis au maire, qui ne souhaite pas, avant la fin des élections municipales, intervenir dans ce dossier. « Dès que les élections seront passées, M. Martel les a invités à discuter pour regarder leurs besoins. Mais il leur a dit que la Ville avait renouvelé le bail de location jusqu’en 2031. »

La phase 3-2 n’est pas abandonnée, à proprement parler, rappelle M. Maisonneuve, « mais ils sont désormais dans les cartons de la Ville. Pour les deux ou trois premières années, je n’ai rien, à moins que Les Réflexes nous amènent un plan d’affaires pour permettre de partir un projet. La Ville ne pourra pas prendre le projet à 100 % à court terme. On a plein de projets, mais les finances ne sont pas un trou sans fin. Bien évidemment, on est toujours ouverts à les rencontrer. La Ville est toujours derrière Les Réflexes », de conclure M. Maisonneuve.