Retour sur une première expérience en Coupe du monde féminine de futsal d’un entraîneur-chef d’ici

En novembre, l’équipe féminine de futsal du Canada, dirigée par Alexandre Da Rocha, responsable du programme Sport-études soccer de l’école secondaire De Mortagne, était sélectionnée pour la première Coupe du monde féminine de futsal FIFA à Manille.    

Le tirage au sort n’a pas épargné l’équipe canadienne de futsal dans sa poule de qualification de la première Coupe du monde féminine. L’équipe devait finir parmi les deux premières de son groupe pour poursuivre le tournoi dans les quarts de finale. Après trois défaites en autant de matchs, le Canada est revenu à la maison avec une première expérience pleine d’apprentissage.

« Nous étions dans le groupe de la mort avec l’Espagne, deuxième au monde, la Thaïlande, quatrième, et la Colombie, huitième », nous indique Alexandre Da Rocha, entraîneur-chef de la première équipe féminine de futsal représentant le Canada, et responsable du programme Sport-études soccer de l’école secondaire De Mortagne à Boucherville. Rappelons que M. Da Rocha n’a pris la tête de l’équipe canadienne qu’en février 2025. Une révision du classement mondial le 11 décembre dernier place désormais l’Espagne toujours deuxième, la Thaïlande 8e et la Colombie 7e. L’équipe canadienne est quant à elle désormais 76e.

Des moyens limités

L’équipe du Canada était classée 74e sur l’échelle internationale pendant le tournoi, et dans le groupe de joueuses professionnelles de futsal, les forces canadiennes n’ont pas pu rivaliser avec ce qui se fait de mieux dans le monde de ce sport.

Lors de leurs premiers matchs du groupe B, les Canadiennes avaient perdu 2-0 face à la Colombie et 6-3 contre la Thaïlande. Déjà éliminées d’une place pour les quarts de finale, elles perdaient leur troisième match contre l’Espagne, 7-0. « Contre la Colombie, on a montré que l’on pouvait rivaliser contre les équipe du top 10. On a eu autant d’occasions qu’elles. Contre la Thaïlande, on a raté un pénalty à 3 contre 3, et elles marquent juste après. C’était difficile de voir que l’on était aussi près de la victoire sans y arriver. » Contre l’Espagne, l’entraineur-chef reconnaît que l’une des équipes favorites du tournoi était tout simplement meilleure. « Au Canada, on a des joueuses de soccer que l’on a converties au futsal. Dans les autres pays, elles sont professionnelles. Il faut le dire, aussi, on a des moyens limités. Nous avons environ 10 % du budget qu’ont les autres équipes présentes à la Coupe du monde. Il ne faut pas oublier également que j’ai été nommé début février pour une compétition de qualification qui commençait deux mois plus tard. On peut dire qu’avec ces délais, on a fait des miracles. »

Première année inespérée 

À l’occasion de leur tout premier tournoi international, au Championnat féminin de futsal de la CONCACAF, qu’elles ont gagné le 4 mai 2025, les membres de cette nouvelle équipe ont non seulement relevé le défi, mais elles ont également su se démarquer avec brio en se qualifiant pour la Coupe du monde. Sous l’impulsion d’Alexandre Da Rocha, à Guatemala City, le Canada s’est fait voir comme une force montante sur la scène du futsal féminin, tant dans la région de la CONCACAF qu’à l’échelle internationale. Malgré ses résultats prometteurs  à la Coupe du monde, l’équipe passe de la 74e place mondiale selon le classement de la FIFA, à la 76e

« C’était un conte de fées, notre tournoi de la CONCACAF. Contre le Costa Rica, favorite du tournoi, on perd 3 à 2 alors que l’on n’avait jamais fait de match international de notre vie. Contre le Honduras, on gagne 6 à 0, et on bat les Américaines 3 à 1. On gagne aux tirs au but contre le Mexique. On gagne le tournoi 8 à 2 contre le Panama en finale, mais aussi tous les titres fair-play, joueuse du tournoi, meilleure buteuse, meilleure gardienne. C’était inédit dans la CONCACAF. » Rappelons que le Costa Rica est 28e au classement FIFA, qui a été révisé le 11 décembre. 

Au Québec

Alexandre Da Rocha a fait partie des premiers au Québec à s’intéresser au futsal, alors que de son propre aveu, il n’y connaissait pas grand-chose. « Au niveau du Québec, le futsal commence en 2014. À l’époque, je ne connaissais même pas toutes les règles. Deux de mes amis m’ont proposé de m’impliquer dans le futsal. J’ai pris le temps d’apprendre et on a fait l’équipe féminine du Québec. En sept ans, on n’a pas perdu un match de futsal. J’ai été impliqué aussi avec les garçons dans le futsal. Finalement, le directeur des opérations m’a proposé le poste d’entraîneur-chef de l’équipe féminine canadienne lorsqu’il s’est présenté », résume M. Da Rocha. 

Au Québec, le futsal est le sport le plus pratiqué à l’intérieur « et c’est le sport intérieur avec la plus forte progression au monde », de rappeler M. Da Rocha, qui regrette cependant qu’il n’y ait pas encore d’entraîneur spécifiquement dédié au futsal.

« Ce sont des entraîneurs de soccer qui se transforment en entraîneurs de futsal, mais les deux sports sont différents. »

Le responsable du Sport-études à l’école De Mortagne aimerait implanter du futsal à son établissement. « Malheureusement, nos plateaux ne nous le permettent pas pour le moment, mais tous mes élèves-athlètes, de septembre à la mi-novembre, en pratiquent une fois par semaine. Mon rêve, c’est d’avoir des plateaux et de faire le premier programme Sport-études futsal au Québec à Boucherville. » 

Le tournoi a été remporté par le Brésil. L’Espagne dans le groupe du Canada, finit troisième.