Une saison sans Sport-études pour le soccer à l’école De Mortagne

Le programme Sport-études de soccer à l’école De Mortagne à Boucherville, celui qui regroupe le plus d’élèves-athlètes de l’établissement, est reconnu pour son haut niveau de performance. Cependant, l’Association régionale de soccer de la Rive-Sud (ARSRS) a décidé de retirer le titre de Sport-études à l’école. Entretien avec Alexandre Da Rocha, en charge du programme depuis 2012. 

Comment se porte le programme Sport-études soccer à De Mortagne? 

J’ai pris le programme en 2012. Ce n’était pas un programme en Sport-études, mais un programme en concentration soccer.  

En 2012, je venais d’une qualification en Coupe du monde avec l’équipe nationale féminine des moins de 20 ans au Japon, en tant qu’entraîneur adjoint. Avec mes associés, je souhaitais mener le programme, qui comptait une quarantaine d’élèves-athlètes, à une centaine. Aujourd’hui, 14 ans plus tard, on en est à 225 jeunes. Le programme se porte très bien et ma grande fierté, c’est qu’il compte 48 % de filles. Quant à l’école, elle compte 35 mandataires, et on nous fait comprendre que l’on est très appréciés. Je ne suis pas peu fier non plus de dire que nous offrons l’un des programmes les moins coûteux. La réussite de ce programme, c’est une grande fierté, car c’est un gros défi. Finalement, on a fini par être un Sport-études. Le seul qui n’est pas dirigé par la région.  

Pourquoi, alors, avez-vous perdu votre statut de Sport-études? 

On est évalués par Soccer Québec. On a eu de très bons retours sur le niveau de notre Sport-études. Cependant, l’ARSRS n’a pas souhaité nous reconnaître en tant que tel. Donc, nous sommes de retour en concentration, cette année 2025-2026. Moi, je garde le cap. L’école est très satisfaite de notre travail, les parents nous font toujours confiance et aucun ne se plaint de la situation. Nous ne sommes pas reconnus Sport-études depuis le mois de mai 2025, date à laquelle l’annonce a été faite. Cette même année, il y a eu une demande record d’admissions dans le programme. Il n’y a rien qui a changé réellement dans notre parcours. Est-ce que l’on aimerait être Sport-études à nouveau? La réponse est non, mais pour l’image, nous sommes ouverts aux discussions. Ce qui est important de regarder, c’est de savoir si mes élèves-athlètes bénéficient ou pas de cette appellation.

Vous avez plusieurs mandats à Soccer Canada, avec l’UQAM, à l’école De Mortagne. Comment arrivez-vous à tout gérer?

Je sais bien m’entourer et je suis très disponible. J’ai pris une grosse partie de mon salaire à l’école De Mortagne pour engager des gens compétents. La même chose à l’UQAM. Cela me permet non seulement de me libérer du temps, mais aussi de préparer la relève. Si je ne suis plus là demain matin, je ne veux pas que ce programme meure. J’ai besoin de savoir que les gens avec qui je travaille sont capables de poursuivre sans moi. Je ne suis pas trop attaché à l’argent. Je préfère faire confiance aux gens avec qui je travaille. C’est peut-être le secret.

Quels sont les joueurs prometteurs qui sont passés à De Mortagne ces dernières années?

L’an dernier, nous avions trois jeunes qui ont été recrutés par l’Académie du CF Montréal : Charlotte Brongel Massé, Xavier Lespérance et Laure Langlois. Lors des deux années précédentes, nous avions eu Malorie Tremblay, Samsy Keita, Béatrice Forcier, Gabriel Hoffmeister Pandolfo… D’ailleurs, chez les U16 de l’Académie du CF Montréal, Samsy Keita et Gabriel Pandolfo sont les gardiens numéros 1 et 2 des U18. C’est au sein du Sport-études que j’ai le plus bel impact, je crois, pour les jeunes. C’est un moment difficile pour eux. Il ne sont pas toujours dans un bon environnement. Ils sont parfois pris dans des situations pas agréables dans leur club. En tous les cas, je suis toujours là pour eux. J’ai 225 jeunes et je les connais tous. Je passe beaucoup de temps avec eux.